Quelles sont les habitudes des bons traducteurs?

 

Le marché de la traduction explose réellement avec une demande croissante depuis plusieurs années. Pourtant la concurrence entre traducteurs s’intensifie, entre autres, du fait de l’émergence de solutions de traduction automatique gratuites. Cette concurrence est d’autant plus rude pour les jeunes traducteurs n’ayant pas encore de portefeuille clients solide.

Pour y faire face, certains choisissent de baisser leurs tarifs. Mais la meilleure solution reste évidemment de proposer la meilleure qualité de service. Mais comment devient-on le meilleur dans son domaine ?

Nous avons recensé pour vous quelques bonnes habitudes à mettre en place pour vous inspirer et vous aider tous les jours à devenir un traducteur plus efficace.

La qualité, toujours la qualité

La qualité est votre maître-mot ! Ne portez pas préjudice à vos clients en rendant de mauvaises traductions qui pourraient avoir des répercussions pour eux. Par exemple, la traduction de notice d’utilisation d’un médicament peut avoir de graves conséquences pour vos clients mais également pour leurs propres clients (cf: notre article sur les pires erreurs de traduction de 2016). Nous vous encourageons à travailler autant que possible dans les langues que vous maîtrisez le mieux afin de restituer fidèlement le message à traduire. Vous pouvez également vous servir de bases terminologiques du domaine concerné et demander de l’aide à d’autres traducteurs plus expérimentés. N’oubliez jamais que votre client vous a fait pleinement confiance en vous choisissant pour ses traductions.

Toujours réviser ses traductions

Condition indispensable à une traduction de qualité, la relecture de sa traduction doit être systématique. L’orthographe, la grammaire, la conjugaison, la ponctuation, doivent être examinées plusieurs fois s’il le faut. En fait, vous devez être méticuleux et vous assurer de n’avoir laissé aucune erreur. N’hésitez pas à lire votre traduction à voix haute pour repérer d’éventuels soucis invisibles à l’écrit, voire à la faire relire par d’autres traducteurs .

Le client est roi mais…

Construire une base clients prend du temps, c’est pourquoi il est nécessaire de penser à long terme. Vous avez tout intérêt à ce que vos clients soient content de votre relation et fassent de nouveau appel à vous pour leurs futurs projets. Mais restez maître du choix de vos clients ! Vous n’êtes pas obligés d’accepter toutes les demandes que l’on vous transmet. En privilégiant les clients qui respectent les délais de paiement, avec qui vous entretenez de bonnes relations et qui ne cherchent pas à négocier en permanence vos tarifs, vous économiserez beaucoup de temps et d’énergie.

Chercher à s’améliorer et à progresser

En tant que débutant, traduire bénévolement peut être une bonne habitude à prendre afin de progresser avec des associations n’ayant pas forcément le budget dédié pour des traductions de qualité. Vous serez soumis aux mêmes problématiques de délais ou de localisation qu’avec des traductions « payantes » et vous serez donc mieux préparés pour affronter d’autres situations de ce type.

Cultiver sa curiosité

Bien sur, traduisez des documents qui vous intéressent (il est important d’avoir une vraie spécialité), mais n’hésitez pas à sortir également de votre zone de confort. Pour cela, le traitement de projets de traduction bénévoles est, là aussi, une bonne solution mais doit rester limité. Tous les traducteurs connaissent des périodes creuses. Faîtes fructifier ces périodes en vous lançant de nouveaux défis (nouveau domaine de spécialité, nouvelle langue).

Savoir s’organiser pour gérer son temps

Délais déraisonnables ou incompatibles avec votre planning, passez votre chemin. Le temps est l’une de vos priorités en tant que traducteur. Rendre vos traductions en retard impacte négativement votre planning. Il est conseillé de garder toujours du temps pour gérer les imprévus et surtout pour développer sa propre marque. Nous savons que c’est peu réjouissant mais ne repoussez pas les tâches administratives à plus tard, elles peuvent être fastidieuses mais le sont encore plus avec du retard.

Rester ferme sur ses prix

Définissez le tarif le plus juste et maintenez-le pour trouver des clients prêts à payer pour des traductions de bonne qualité. Si vous tirez vos prix vers le bas, il vous sera très difficile de les faire remonter. La guerre des tarifs va à l’encontre de l’image de qualité que vous souhaitez donner à vos clients. À contrario, attention à ne pas surévaluer vos compétences, c’est une erreur également courante lorsque l’on démarre dans le milieu.

S’entraider et construire sa marque

Participez à des groupes de discussion avec d’autres traducteurs. N’hésitez pas à demander des conseils et avis sur vos traductions et à aider d’autres traducteurs à trouver la signification de termes complexes, … Bref, cultivez votre réseau ! Le milieu des traducteurs est un monde beaucoup trop concurrentiel pour ne pas faire preuve de sympathie avec vos confrères. Il existe beaucoup de communautés de traducteurs sur internet (ProZTranslatorsCafé, …) pour rester au courant des dernières tendances. Tout cela va vous aider à bâtir une forte réputation sur le web notamment si vous êtes freelance.

 

Une fois toutes ces habitudes prises et respectées, vous serez d’autant plus efficace et augmenterez vos opportunités de business.

Et vous ? Avez-vous d’autres bonnes habitudes en tant que traducteur et comment les tenez-vous ? Partagez quelques conseils avec nous en commentaire et avec la communauté de traducteurs Eazylang.

Un bon traducteur doit gérer un environnement complexe au quotidien. Vous avez déjà intégré toutes ces notions et recherchez de nouveaux clients dans votre domaine d’expertise ? Inscrivez-vous sur la place de marché Eazylang. Nous mettons à votre disposition tous les outils dont vous avez besoin pour travailler dans d’excellentes conditions. 

TOP 10 DES CITATIONS SUR LA TRADUCTION

Nous vous livrons ci-dessous les citations les plus inspirantes que nous avons trouvées sur l’apprentissage des langues, le métier de traducteur et la traduction en général.

10. LA LANGUE DE L’EUROPE C’EST LA TRADUCTION — UMBERTO ECO

 

 

9. LA CONNAISSANCE DES LANGUES EST LA PORTE DE LA SAGESSE — ROBERT BACON

 

 

8. LES LIMITES DE MA LANGUE SONT LES LIMITES DE MON UNIVERS — LUDWIG WITTGENSTEIN

 

 

7. APPRENDRE UNE LANGUE C’EST UN PEU COMME DEVENIR QUELQU’UN D’AUTRE — HARUKI MURAKAMI

 

 

6. UNE LANGUE DIFFÉRENTE EST UNE VISION DIFFÉRENTE DE LA VIE — FEDERICO FELLINI

 

 

5. ÉTUDIER UNE AUTRE LANGUE CONSISTE NON SEULEMENT À APPRENDRE D’AUTRES MOTS POUR DESIGNER LES MÊMES CHOSES, MAIS AUSSI À APPRENDRE UNE AUTRE FAÇON DE PENSER CES CHOSES — FLORA LEWIS

 

 

4. LA PRATIQUE DE L’ÉCRITURE NE FAIT PAS DE CHACUN UN ÉCRIVAIN. CONNAÎTRE DEUX LANGUES NE FAIT PAS DE VOUS UN TRADUCTEUR.

 

 

3. UNE LANGUE VOUS PLACE DANS UN COULOIR POUR LA VIE. DEUX LANGUES VOUS OUVRENT TOUTES LES PORTES DU CHEMIN — FRANCK SMITH

 

 

2. LA TRADUCTION TRANSFORME TOUT AFIN QUE RIEN NE CHANGE — GÜNTER GRASS

 

 

1. VOUS PENSEZ QU’UNE BONNE TRADUCTION COÛTE TROP CHER ? ALORS N’IMAGINEZ PAS COMBIEN VOUS COÛTERA UNE MAUVAISE TRADUCTION.

 

Quand Donald Trump envahit la littérature jeunesse

Au fil de mes traductions de romans jeunesse, un curieux phénomène a commencé depuis quelques mois à attirer mon attention. D’abord anecdotique, il se confirme de lecture en lecture. Il est courant, et normal, que l’actualité inspire les auteurs, transpire dans les textes et vienne les colorer ou les enrichir. Mais ce phénomène-ci, à l’image du personnage qui l’inspire, commence à prendre des proportions quelque peu démesurées.

Cela a commencé courant 2017, alors que je traduisais un roman jeunesse délirant et échevelé dans lequel un jeune garçon de douze ans se retrouve (bien malgré lui) au prises avec les dieux grecs et les constellations du zodiaque. Bref, voilà qu’à un moment de cette histoire nous apprenons qu’Hypnos coule des jours tranquilles sous les traits d’un milliardaire nommé Richard Trumpington. Il vit dans un château au décor ultrakitsch plein de fauteuils rococo dorés, et d’ailleurs Thanatos lui fait cette remarque : « On dit que l’argent n’achète pas le bon goût. Tu confirmes le dicton. » L’auteure n’est pas allée chercher bien loin l’inspiration pour décrire son milliardaire vulgaire, mais ma foi, cela ne posait pas de problème de traduction particulier, et c’était plutôt amusant.

Cette traduction rendue, passons à la suivante : le premier tome d’une adorable et hilarante série d’épouvante-pour-rire pour les 9-12 ans. Dans cette histoire farfelue où les personnages sont des vampires, des fantômes, des yétis et autres créatures des ténèbres, le prince Tangine est « un sale gosse pourri gâté », un enfant tyrannique et insupportable, capricieux et cruel, atteint de folie des grandeurs. « Tu ne t’intéresses qu’à toi-même », lui reproche notre sympathique héroïne. Jusque-là, rien d’insolite. Mais au fil de la lecture, certains détails attirent notre attention.
À force d’exaspérer tout le monde, Tangine se prend un coup de poing « en plein dans les cheveux », après quoi ses domestiques mettent une heure à « remettre sa coiffure en place ». Tiens, tiens.

 

Le prince Tangine. Ses cheveux ont beaucoup d’importance.

En outre, il est dit deux fois que Tangine a de toutes petites mains. Les soupçons de la traductrice sont confortés. En effet les « petites mains » sont devenues une blague classique à propos de Donald Trump depuis qu’un adversaire dans la course à l’investiture a fait remarquer, lors d’un meeting : « Vous avez vu ses mains ? Elles sont minuscules. Et vous savez ce qu’on dit des hommes qui ont des petites mains : on ne peut pas leur faire confiance. » Ce n’est pas du tout ce qu’on dit des hommes qui ont des petites mains, et Trump l’a bien compris, répondant que ses mains étaient d’une taille normale « et le reste aussi, pas de problème de ce côté-là, vous pouvez me croire. » (Le débat volait haut.)
D’autre part, Tangine est le fils du roi Vladimir, un vampire. Certes, on peut y voir une référence à Vlad Drakul ou Vlad l’Empaleur, à l’origine de la légende des vampires, mais… l’auteure écrit bien Vladimir, pas Vlad. N’en profiterait-elle pas pour railler astucieusement la fascination de Trump pour Poutine ?
Enfin, vers la fin de l’histoire, le doute n’est plus permis : un majordome prend un malin plaisir à écorcher le nom du tyrannique prince Tangine. Il l’appelle « Tangerine » (mandarine), puis « Tanning Cream » (crème à bronzer). Pour la traductrice, c’est un casse-tête et une mauvaise nouvelle, car à ce moment-là de sa lecture elle comprend enfin pourquoi l’auteure a appelé son personnage Tangine. C’était pour amener ce « tangerine », un qualificatif souvent employé aux USA pour décrire la curieuse teinte orangée du visage présidentiel.
Dans les romans pour cette tranche d’âge, les noms de personnages sont souvent adaptés. Ainsi, dans ce livre, la citrouille apprivoisée s’appelle Trouille (Squashy en anglais), la jeune yéti Florence Spudwick devient Florence Patata, bref tout est permis pourvu que les noms sonnent. Mais que faire de ce Tangine spécifiquement trumpesque ? soupire la traductrice éplorée qui n’a pas encore trouvé de solution idéale.

Et ce n’est pas terminé. Abordons maintenant ce troisième volet d’une trilogie de Noël, pour la même tranche d’âge. Dans cette série de romans qui se déroulent au pays des lutins du père Noël, le méchant est le père Vodol. Déjà dans les deux premiers volumes – écrits avant la présidentielle étasunienne de 2016 –, Vodol était un lutin assoiffé de pouvoir qui divisait pour mieux régner et attisait les haines dans la population.
Mais dans le troisième tome, l’attaque se précise. Vodol est rédacteur en chef d’un nouveau journal, intitulé La Vérité, dont il se sert pour répandre sa propagande à coups de fausses nouvelles – fake news en VO, vous l’aurez deviné. « Il ne s’intéresse qu’à lui-même », prévient là aussi l’héroïne. Il n’a de cesse d’attiser chez les lutins la peur de l’étranger afin de mieux asseoir sa domination. « Il pensait que pour vendre un journal il fallait pousser les lutins à haïr les humains. Faire en sorte qu’ils ne pensent qu’à eux et qu’ils craignent les étrangers. Une fois, il a lancé une campagne pour construire un mur qui s’étendrait d’une mer à l’autre et qui traverserait toute la montagne, rien que pour empêcher les humains de passer. » Plus tard dans l’histoire, Vodol complote contre le père Noël avec le lapin de Pâques, afin de make Easter great again (rendre sa grandeur à Pâques), et une foule déchaînée scande « Lock him up » – « En prison ! » – contre le père Noël. L’allusion est transparente.
Physiquement, Vodol (qui fut imaginé avant l’élection de 2016) n’a rien de commun avec le 45eprésident des États-Unis. Mais regardons de plus près ce nouveau personnage, l’un des journalistes de La Vérité : un certain Spicer, décrit comme un « petit lutin blond au ventre en tonneau ». Et observons maintenant Sean Spicer, le premier porte-parole de la présidence Trump, abondamment moqué dans les médias américains pour ses interventions balourdes et ses costards engoncés… Quelque chose me dit que l’illustrateur n’a pas dessiné cette raie sur le côté par hasard.

 

 

 

 

 

 

 

Le lutin Spicer                                                                                                           Sean Spicer

Là encore, la traductrice se trouve face à un dilemme. Les lutins de l’histoire n’étant pas spécialement anglo-saxons, leurs noms ont été traduits et adaptés. De même que les rennes du père Noël ont repris leurs noms traditionnels français – Éclair, Tonnerre, Comète… –, les lutins s’appellent dans la VF Traintrain, Grelot, Pépin… Mais que faire de ce « Spicer » ? En anglais, Spicer est un nom bien trouvé pour un lutin : le spice qu’on y entend peut évoquer les délicieux parfums de Noël, les odeurs de vin chaud et de pain d’épice. Il est possible de rebaptiser ce lutin-là Cannelle, par exemple, mais le clin d’œil à l’actualité sera perdu. Bien sûr, Sean Spicer est peu connu en France, et d’ailleurs, même dans la VO, la blague ne s’adresse qu’aux parents. Mais l’auteur en est sans doute content, de sa blague… faut-il se résoudre à l’en priver dans la version française ? Au risque de lui laisser croire qu’on n’a pas saisi l’allusion ? (Où va se loger le mince orgueil du traducteur !) Ou considérer que ces piques ne concernent que le public américain, même si l’auteur est britannique ?

Si en l’espace de quelques mois je suis tombée sur ces trois cas (plus un autre, dans un roman pour jeunes adultes, par le même auteur que le dernier cité ci-dessus), j’imagine qu’il y en a bien d’autres dans les manuscrits jeunesse en ce moment. On comprend facilement ce qui pousse les auteurs à larder ainsi leurs romans de références à l’improbable président américain. Un besoin d’exorciser leur sentiment d’impuissance horrifiée devant la montée en puissance du personnage ; le désir d’apporter leur modeste pierre à l’édifice de la resistance (à prononcer avec l’accent US : c’est le terme très sciemment employé en ce moment là-bas par les milieux progressistes) ; l’urgence de la mise en garde, l’envie de faire passer un message aux générations futures – dans les livres, les méchants sont punis ou trouvent le chemin de la rédemption, et l’espoir reprend le dessus à la fin. Et sans doute, aussi, ce phénomène de sidération, cette sorte de traumatisme collectif obsessionnel qui met Trump sur toutes les lèvres et dans tous les crânes.
La littérature jeunesse n’est certes pas là pour protéger ou isoler les enfants de la réalité, bien au contraire. Cependant, on peut éprouver un pincement au cœur en voyant la lourde silhouette de cet individu s’imposer ainsi jusqu’entre ses pages. Car s’il y a une chose pour laquelle le bonhomme est doué, c’est faire parler de lui. Il voulait devenir l’homme le plus célèbre du monde : il y est arrivé. Faut-il encore qu’il serve de modèle à tous les grands méchants ? Espérons en tout cas que les futurs historiens de la littérature jeunesse ne verront là qu’un épiphénomène très, très limité dans le temps.

Valérie Le Plouhinec

Ouvrages cités :
Who let the Gods Out, Maz Evans, à paraître chez Nathan.
Amelia Fang and the Barbaric Ball, Laura Ellen Anderson, à paraître chez Casterman
Father Christmas and Me, Matt Haig, ill. Chris Mould, à paraître chez Hélium.

LES ALÉAS DU MÉTIER: JOURNAL D’UN GÂCHIS

Le métier de traducteur réserve des surprises, parfois très mauvaises, comme celle de trouver dans le livre imprimé des erreurs que vous n’aviez pas commises. Vous avez rendu ce que vous preniez pour la version finale, prête à l’impression, par laquelle vous engagez votre nom – Dominique Vitalyos, traductrice littéraire, spécialiste du domaine indien – et votre réputation – jusqu’ici sans tache notable (pour ce que j’en sais) – et on intervient en y intégrant des suggestions qui n’ont ni queue ni tête, puis on publie. Vous auriez dû, bien entendu, en prendre connaissance afin de pouvoir les rejeter, mais on ne vous les a jamais présentées.

 

Vous restez avec un sentiment d’effraction, de sabotage, de diffamation (on vous a fait signer des énoncés incorrects que vous n’avez pas écrits) et d’injustice. Le tort n’est pas réparable et c’est tant pis pour vous. Certains vous reprochent même le ton que vous employez pour déplorer ce qui s’est produit, bien que vous vous exprimiez contre le procédé, avec une chaude colère, certes, mais non contre les personnes, envers lesquelles vous ne nourrissez aucune hostilité particulière. On vous comprend, dit-on, mais chez certains, le cœur n’y est pas. Pure formalité.

 

Alors vous vous dites : pas question de laisser penser sans rien faire que je suis l’autrice de ces inepties. Je dois au moins me dégager publiquement de la responsabilité qui pèse à tort sur moi, car personne ne se remettra publiquement en cause pour me défendre. Et vous le faites dans votre blog, dans l’espoir conjoint que la relation de ce regrettable épisode incitera plus que jamais les traducteurs littéraires à demander des garanties d’accès à toutes les données suggérant des modifications qui précèdent l’impression.

 

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Sur un mur de Varanasi (Bénarès), 1984  ©D. Vitalyos

 

Qu’il soit donc entendu que dans Bollywood Apocalypse, de Manil Suri, publié par les éditions Albin Michel, je n’ai pas écrit:

 

p. 11:

rayer Bombay et nous tuer tous”

mais

rayer Bombay (et tous ses habitants) de la surface de la terre” (en français, on raye un lieu de son contexte, la carte, la terre, le monde; on ne la raye pas comme une dette; on la rase, tout court, par contre, mais c’est autre chose).

P. 14,

il faut avoir une idée un peu spéciale, en tout cas tout à fait hors contexte, du français pour prétendre corriger  : “le vol ne paie pas” (sur le modèle du crime) en “le vol ça ne paie pas”.

p. 60

(les personnages se trouvent dans un hôtel kitsch dont chaque salle est décorée en fonction d’un thème de l’histoire indienne vue par les nationalistes). À la ligne 28, j’ai écrit:

… le thème de la Vallée de l’Indus tel qu’il était développé au 3000 av. J.-C. (la discothèque du sous-sol)

et non pas:

…. le thème de la Vallée de l’Indus tel qu’il était développé trois mille ans avant J.-C. (la discothèque du sol),

ce qui ne veut strictement rien dire et constitue un contresens grotesque. Deux sous de jugeote et de questionnement (pourquoi la traductrice a-t-elle écrit “au”? Pourquoi la parenthèse?), et il devenait évident que 3000 av. J.-C. était le nom de ladite discothèque. Mais penser qu’elle ne connaît pas le français (au trois mille ans…), c’est beaucoup plus rapide, et pourquoi perdrait-on du temps à se demander si, déjà à son époque, en dépit de sa grande modernité, la Vallée de l’Indus était assimilable à un “thème”…???)

p. 158 :
“censé …m’emplir le cœur” devient “censé… de m’emplir le cœur”
p. 187:
on écrit pizzeria et non pizzéria dans ma culture comme dans celle du Grand Robert.
p. 200:
on écrit “il caquète” et non “il caquette” dans ma culture comme dans celle du Grand Robert (et de Grevisse, voir 761a). Caqueter fait partie des verbes (en e muet + consonne simple à l’infinitif) qui se conjuguent sur le modèle d’acheter (è + consonne finale simple: j’achète, je pèle, je caquète), en compagnie de nombreux autres. Seuls échappent à la règle les verbes appeler (appelle), jeter (jette) et leurs dérivés.
À suivre. À ce stade de la lecture de Bollywood Apocalypse, et à défaut d’avoir consulté mon blog, on doit déjà penser que le français n’est pas ma langue maternelle.
Le point sur la question:
J’ai terminé ma lecture et envoyé la liste à l’éditeur: en tout dix erreurs, imputables à un processus défectueux qui m’a interdit la consultation de suggestions (1) et de corrections (2) défectueuses, devenues de ce fait des dégradations imposées. Dégrader un texte n’est certes ni la mission ni l’objectif des éditeurs, mais le résultat est le même.
– Deux impropriétés (rayer Bombay, le vol ça ne paie pas),
– Un contresens (trois mille ans avant J.-C.),
– Une faute de construction (censé de),
– Une conjugaison fautive (caquette au lieu de caquète)
plus tout un saupoudrage de modifications erronées concernant les pluriels:
– “des première classe”, invariable quand est sous-entendu “sièges de”, est devenu “des premières classes” (p. 277), comme s’il y en avait plusieurs, la 1, la 2, la 3…
– À deux reprises (p. 106 et p. 430), le passage en italique du motasana – parce qu’on ne le trouve pas dans le dictionnaire français (modification justifiée que j’aurais validée) – s’accompagne de la préservation du s du pluriel français alors que la convention retenue est que les mots de langues indiennes restent invariables puisqu’ils ne connaissent pas le s pluriel,
– un poisson assez gros pour qu’on garde le partitif ((du) pomfretcroustillant) a hérité d’un pluriel (croustillants) (p. 84);
– une lettre manquante (un t p. 432, ligne 30).
Pour le moment, on ne m’a proposé qu’un rétablissement de mes choix dans l’hypothèse très incertaine d’une réimpression. Mais le mal est fait, bien sûr, et encore faudrait-il que le livre ait du succès…

J’ai demandé s’il était possible d’éditer une feuille recensant les erreurs  à glisser dans les exemplaires en stock.

 

À suivre

Françoise Brun, une grande dame des lettres italiennes en français

Françoise Brun est une des grandes traductrices de l’italien et c’est plus de 130 œuvres traduites qui jalonnent sa carrière, de Baricco à Loy en passant par Agus et Sorrentino. Signe de ce labeur soutenu au fil des ans, elle a reçu en 2011 à l’unanimité le Grand Prix de Traduction de la Société des Gens de Lettres, une belle récompense pour le travail d’une vie.

Curieuse d’en apprendre davantage, je l’ai donc soumise au feu brûlant de mes questions…

L’interview est longue et dense, mais passionnante !

1-Françoise, la carrière de traductrice littéraire était-elle celle que vous aviez choisie lorsque vous vous êtes lancée dans des études de lettres modernes (romanes pour les Belges) et d’italien ? Je crois savoir que non… Pourquoi cette bifurcation ?

Quand j’ai entrepris des études littéraires, c’était par goût. Depuis longtemps la littérature, la langue, l’écriture, le style étaient ce qui me passionnait. Le seul avenir professionnel possible me paraissait alors l’enseignement. Par conformisme familial, sans doute, parents profs, oncle, tante, grands-parents et arrière grands-parents « hussards de la République »… Je n’imaginais qu’un métier-prétexte et une vie consacrée à l’écriture sous toutes ses formes. Les expériences d’enseignement que j’ai faites ensuite m’ont amusée quand il s’agissait de remplacements courts, mais ennuyée et déprimée quand c’est devenu du plus long terme. J’ai toujours eu du mal avec les cadres, les horaires, les relations avec les collègues : ce n’était pas mon monde, c’était celui de mes parents, celui dont je voulais m’échapper.

Et puis, à 25 ans, le hasard : à Venise, une amie française qui arrondissaitimages-2 ses fins de mois en traduisant des articles d’historiens de l’architecture (Venise était alors un pôle dans ce domaine de la recherche) me demande mon aide pour la traduction d’un article. L’auteur était Manfredo Tafuri, le plus difficile d’entre eux. J’accepte, par amitié. Après tout, j’avais aussi une licence d’italien.

Je revois la table où j’ai travaillé, la lumière de l’après-midi, ma joie. Quelque chose me portait, me soulevait de terre. J’ai compris que traduire pour des gens n’avait rien à voir avec l’exercice de la version telle qu’on la pratique scolairement, qu’il y avait une dimension supplémentaire : faire passer dans sa propre langue les idées et la parole d’un autre. Faire que de l’autre côté des Alpes sa pensée existe aussi. Cette dimension de « passeur », devenue aujourd’hui un cliché, je ne l’avais jamais imaginée. Je traduisais pour des gens, inconnus de moi mais qui, grâce à ce travail solitaire, à ce face-à-face avec un texte et la petite machine à écrire rouge Valentina de mon amie, connaîtraient la pensée de Manfredo Tafuri en lisant non pas un essai sur lui mais sa pensée, directement.

Cet après-midi a été certainement le plus important de mon existence : le bonheur ressenti, la sensation d’être enfin à ma place et d’y être utile m’ont transportée. J’ai pensé : si je peux faire ça toute ma vie, à la fin j’aurai eu une belle vie. Ça n’avait guère de sens concret car à l’époque, les métiers de la traduction n’étaient pas ce qu’ils sont devenus : on n’en parlait jamais, il n’y avait pas de statut du traducteur et on n’enseignait pas la traduction à l’université. Je ne savais pas si c’était un métier, mais j’ai décidé que c’en serait un et que je ferais tout pour en vivre.

Unknown-5Une année plus tard, un éditeur français me demandait de traduire un livre entier de Manfredo Tafuri, puis un autre me demandait de traduire un autre très grand nom de l’architecture, Aldo Rossi. Les livres ensuite se sont enchaînés, toujours dans ce domaine de l’histoire de l’art et de l’architecture, parce que je ne me sentais pas prête pour traduire de la littérature. J’écrivais déjà à l’époque, et je craignais, traduisant de la littérature, de plaquer mon écriture sur celle des autres, de déformer l’écriture de l’autre pour coller la mienne à la place.

Le « saut » dans la littérature, je l’ai fait dix ans plus tard, quand je me suis sentie prête.

2-Avez-vous réussi à gagner votre vie grâce à cette seule traduction, et quel bilan dressez-vous maintenant que vous êtes en fin de carrière (si tant est qu’un traducteur littéraire prenne jamais sa retraite) ?

Non, certainement pas. Je ne traduisais pas assez pour gagner vraiment de quoi vivre et j’ai fait toute sorte de petits boulots, secrétariat, serveuse de bar ou de restaurant, livreuse de journaux… ce fut une période difficile, où j’essayais de ne pas perdre de vue mon objectif : apprendre à écrire. L’avantage de la traduction d’architecture, c’est qu’elle était à l’époque considérée comme traduction « spécialisée », donc nettement mieux payée que la traduction de littérature.

Quand j’ai décidé de faire du littéraire, je gagnais un peu moins au feuilletimages-3 mais je travaillais plus, ce qui compensait. Et en quatre ou cinq ans j’ai pu en vivre correctement. Sauf que très vite je n’ai plus eu de temps ni de disponibilité mentale pour écrire comme avant… C’est un douloureux dilemme : traduire ET écrire est devenu traduire OU écrire. Les deux simultanément, ça m’est en général impossible.

Quant à la retraite, je n’y pense pas. Je me vois traduire jusqu’à mon dernier souffle, comme écrire. C’est ma vie. Il n’y a pas de retraite de la vie.

3-Avez-vous observé une évolution (bonne ou mauvaise) du métier au fil des ans ? En anglais, par exemple, les conditions de travail se sont fortement détériorées et les rémunérations patinent.

UnknownSi l’on pense que j’ai commencé au milieu des années 70, je crois qu’on peut parler d’une nette amélioration. Cette profession alors n’était ni codifiée ni reconnue. J’ai eu la chance de commencer au moment où commençaient aussi les luttes des traducteurs pour une meilleure visibilité : il y a eu l’ATLF, il y a eu les Assises d’Arles que nous avons fondées avec ATLAS, puis, dans les années Mitterrand s’est faite une ouverture extraordinaire avec l’arrivée alors de Jean Gattégno au Centre National du Livre. Peu à peu notre profession est devenue visible, peu à peu les éditeurs ont appris à compter avec nous et commencé à mieux respecter la profession. C’est le résultat d’une lutte acharnée des traducteurs, qui a correspondu à une prise de conscience dans le public. Cette lutte-là ne s’arrêtera jamais, dernièrement nous avons eu encore de grandes avancées, sur la reddition des comptes, sur la rédaction d’un nouveau Code des Usages co-signé avec le Syndicat national de l’édition.

Mais il est vrai que sur le plan des rémunérations les avancées ne se sont pas faites. Je gagne moins aujourd’hui au feuillet qu’il y a dix ans, et je ne pense pas être la seule. Le monde de l’édition aussi a bien changé en trente-quarante ans. Certains disent que l’édition d’autrefois est morte. J’avoue le penser souvent.

4-Pourriez-vous nous décrire une journée type lorsque vous traduisez ?

Il n’y en a pas. Je traduis en apnée. Autrefois, je travaillais la nuit, parce queimages-5 j’ai toujours aimé vivre la nuit. Maintenant, les choses se sont inversées et la nuit, je dors. C’est une chose nouvelle, je ne sais pas combien de temps cela durera.

Mais jour ou nuit, je travaille huit à dix heures par jour, comme en ce moment. Il y a des jours, parfois plusieurs d’affilée, où je ne travaille pas, et ce sont comme des vacances, quand je parviens à les prendre comme telles et non à culpabiliser de ne pas traduire. Parallèlement, en vacances, j’emporte toujours ma traduction. Donc on pourrait dire que je traduis tout le temps, quand je le peux.

5-J’ai lu dans d’autres interviews que vous pratiquiez la méthode des codes couleurs, effectivement fort efficace. Mais que se passe-t-il ensuite ? Combien de fois relisez/retravaillez-vous un texte, par exemple ? Avez-vous le temps de laisser décanter avant l’envoi à l’éditeur ?

images-1Oui, je surligne en rose ce qui est une grosse difficulté dont je sais que je ne pourrai la résoudre qu’avec le temps, ou en faisant appel à l’auteur, ou à quelqu’un d’autre : généralement ces difficultés ne se résolvent qu’à la discussion avec l’éditeur… ou pas, ou mal. En jaune, je surligne les difficultés mineures, que je sais pouvoir résoudre, ou que j’ai résolues mais qui peuvent être résolues de meilleure façon. Et je surligne en vert ce que j’ai été obligée de changer, soit dans la syntaxe, soit dans la nuance. Je reporte ce même code sur le tapuscrit. Cela me permet, à la relecture, la première, celle du lendemain ou de la semaine, les autres, la relecture finale, puis les épreuves, de savoir toujours où j’en suis par rapport au texte d’origine. C’est la fidélité, dans la lettre comme dans l’esprit, que je cherche, déontologiquement. En même temps je note sur l’original les mots qui reviennent d’une page à l’autre, afin de veiller à les traduire autant que faire se peut par le même mot, ce qui n’est pas toujours possible. Mais au moins, je sais quand je m’en suis écartée et pourquoi.

Quant à la décantation, on manque toujours de temps pour la faire vraiment, et elle se fait parfois seulement entre la remise du texte à l’éditeur et la correction des épreuves. D’ailleurs, il vaut mieux parfois ne pas trop laisser décanter : il m’est arrivé de corriger les épreuves d’un texte une année après l’avoir remis, et la quantité de choses que je voulais changer était telle qu’il a fallu faire un jeu supplémentaire d’épreuves… J’ai remarqué aussi souvent qu’entre mon premier jet et le jet définitif il n’y a aucune vraie différence, mais entre-temps je suis passée par dix versions différentes de la même phrase. Autrement dit, je devrais apprendre à me faire un peu plus confiance.

6-Avez-vous des préceptes de traduction et, pourquoi pas, un modèle de traduction ?

J’ai un principe en tout cas : le rythme, respecter le rythme. Cela veut dire la syntaxe, mais aussi les sonorités. Dans le passage de l’italien au français, la syntaxe n’est pas toujours facile à respecter : l’italien pratique volontiers l’inversion, en plaçant le complément avant le verbe, ou bien utilise beaucoup le gérondif, dont la valeur verbale active est plus forte, alors qu’en français un gérondif plombe une phrase. C’est un truisme de le dire, mais la musique italienne et la musique française n’ont pas les mêmes points d’appui dans la phrase. En français le moteur est le verbe, pas en italien. Une autre difficulté est le nombre considérable d’homophones que nous avons en français, quand l’italien, lui, n’en connaît, je crois, qu’une dizaine. En français, le « non-dupe erre » se dit à peu près pareil que « le nom du Père », comme Lacan aimait à le souligner. Et puis la phrase française est techniquement plus chargée : nous avons besoin des pronoms personnels et des articles définis et indéfinis pour savoir de quoi ou qui on parle, et combien ils ou elles sont. L’italien s’en passe allègrement car la marque du pluriel et du masculin-féminin est déjà dans la terminaison du mot. De même, il n’est pas rare qu’on ait besoin en français d’une proposition relative, là où l’italien s’en passe.

Pour résumer, je me fixe deux objectifs face à une phrase :

– respecter le rythme, parce que je pense que le rythme est la vraieimages-6 expression de la vérité d’un auteur, de son authenticité. Le rythme ne ment pas. Et quand il n’y a pas de rythme, il n’y a rien. Juste des mots à la suite les uns des autres. Il faut que la phrase française aille à la bonne vitesse, celle de l’auteur, avec ses accélérations, ses ralentis, ses ellipses, ses non-dits, ses coups d’éclat, ses ambiguïtés.

– lire à haute voix, ne serait-ce que dans ma tête. À la fois pour écouter le bruit que ça fait, et sa coïncidence ou non avec la phrase de l’auteur. Mais aussi pour éliminer tout doute d’un auditeur sur le sens. C’est la question des homophones. Un jour, j’ai entendu lire à la radio une phrase d’une de mes traductions et j’ai compris d’où elle tirait sa force, cette phrase-là : elle était claire, elle donnait au bon moment l’information nécessaire au lecteur. Ça s’était fait par hasard pour moi, mais depuis je veille attentivement à cela : que ma phrase puisse être entendue et comprise par un auditeur qui n’a pas le texte sous les yeux, plus que par un lecteur.

Quant aux sonorités, j’ai la chance de voir la « couleur » des mots quand je les lis. Les consonnes sont en gris mais les voyelles ont pour moi chacune une couleur bien nette. C’est comme dans le poème « Voyelles » de Rimbaud, sauf que pour moi le A est rouge, le E est bleu, le I est vert, le O est blanc-bleuté et le U est jaune. Il paraît que certaines personnes ressentent la même chose pour les notes de musique. C’est un processus complètement inconscient, peut-être un défaut de mes neurones, mais je m’en sers en traduction, pour « peser » la couleur d’une phrase.

7-Laquelle de vos traductions préférez-vous (si tant est qu’il soit possible d’effectuer ce genre de choix) et pour quelles raisons ?

C’est à peu près impossible de répondre à une telle question ! D’abord parce que chacune de mes traductions a été, même pour les traductions alimentaires, une aventure en soi, un voyage dans un univers. Comment choisir ? Et puis chacune se rappelle à moi, quand j’y pense, plutôt pour ses erreurs ou ses imperfections ou ses manques que pour ses réussites.

8-Vous avez traduit des auteurs connus et d’autres qui le sont moins. Lequel aimeriez-vous sortir de l’ombre pour nous aujourd’hui ?

Unknown-6J’ai une tendresse particulière pour le seul livre que j’aie traduit d’un auteur mort : Le Navigateur du déluge, de Mario Brelich (chez Liana Levi). C’est une réécriture à la fois désopilante et profonde, très « Mitteleuropa », de l’épisode de Noé constructeur de l’Arche. C’est un texte d’une grande finesse et humanité, et j’ai été désolée qu’il passe presque inaperçu (même si j’avais été invitée à en parler pendant une heure sur France Culture à sa parution).

9-Vous êtes « la » traductrice de Baricco, si je ne m’abuse. Quelles difficultés particulières y a-t-il à traduire ses livres ? J’avoue avoir été émerveillée par votre traduction de Soie, au point que j’ai peu lu d’autres livres de lui, de peur qu’il ne me déçoive…

Je ne suis pas « la » traductrice de Baricco, il y en a eu et il y en auraUnknown-7d’autres. Je suis seulement la première, la traductrice historique, je dirais. Lorsque son premier roman, Castelli di rabbia (Châteaux de la colère en français), est sorti, en 1991, j’ai eu comme un électrochoc : cette écriture était exactement celle que j’attendais, d’une certaine façon. Cette inventivité, cette jubilation. Et j’ai pensé tout de suite que si moi, je l’attendais, d’autres l’attendaient forcément aussi. J’ai eu la certitude que ce livre, cet auteur marcheraient, rencontreraient un vaste public. Pendant longtemps j’ai été la seule, avec quelques autres, à y croire. Bien sûr, j’ai cherché un éditeur pour lui en France, mais curieusement personne n’y croyait. Ça a duré trois ans, trois ans pendant lesquels j’ai présenté ce livre (et un deuxième sorti entre-temps) à tous les éditeurs, grands ou petits. Chaque fois ils avaient une bonne raison pour ne pas le prendre… Soit ils avaient déjà un jeune auteur très original à défendre, soit la personne qui s’était enthousiasmée pour le livre était devenue persona non grata au sein de sa propre maison d’édition et je ne le savais pas, soit l’éditeur intéressé s’était mis en faillite, bref, les choses capotaient toujours au dernier moment. Je suis devenue amie au fil du temps avec la responsable italienne des droits étrangers et on travaillait en équipe : j’envoyais mes cinquante premières pages traduites et ma note de lecture à un éditeur, pendant qu’elle, d’Italie, envoyait un exemplaire du livre. On peut dire que toutes les maisons d’édition sur la place de Paris l’ont eu entre les mains. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi personne n’y voyait le potentiel de Baricco. C’était la même chose dans les autres pays : longtemps, Baricco n’a eu qu’un seul livre traduit, et c’était son premier roman, traduit très vite, en norvégien, si je me souviens bien. Et puis, un jour, au bout de trois ans il y a eu le miracle : une nouvelle équipe chez Albin Michel, et moi qui, sur une question de Dominique Autrand, parle de Baricco, comme ça, en passant, sans trop y croire. On ne retrouve pas mon dossier, j’en envoie un nouveau. Et c’est l’emballement, tout de suite. Après, ce furent des instants, des années magiques. On a eu le Médicis étranger, une presse dithyrambique, des ventes importantes pour chacun des livres suivants, un best-seller avec Soie.

Quant à la difficulté de traduire Baricco, elle est grande mais pas insurmontable. Quand l’auteur est un virtuose, il en reste toujours un peu quelque chose dans sa traduction. Baricco écrit comme on compose de la musique. C’est la clé pour le traduire, à mon avis.

10-Vous êtes également la traductrice (pour trois ouvrages) de la délicieuse et délicate Milena Agus que j’aime tout particulièrement, en tout cas dans ses premiers livres. Etes-vous parvenue à percer le secret de son écriture ? Le charme (simple, si simple en apparence) de sa petite musique tient à quoi ?

Unknown-8Parvenir à percer le secret d’une écriture, c’est ce que nous devons faire quand nous traduisons. Mais nous le faisons en traduisant, c’est une révélation qui se fait in fieri, ce n’est pas quelque chose sur quoi on peut, dans l’après-coup, mettre des mots. Peut-être d’ailleurs n’est-ce pas souhaitable. Le rapport que nous avons aux textes, aux auteurs, n’est pas le même que celui des spécialistes d’un auteur. Traduire est l’inverse du commentaire de texte. Victor Hugo disait : « Le commentaire coucheShakespeare sur la table d’autopsie, la traduction le remet debout ». On peut peut-être aller du commentaire à la traduction, mais commenter un écrivain qu’on a traduit, c’est pour moi mission presque impossible.

Ce que je peux dire, c’est ce que j’ai ressenti à traduire Milena Agus, la particularité de son regard, qui fait celle de son écriture pour moi : une innocence absolue, étonnante chez un écrivain qui vient d’une culture chrétienne. Un regard sur le monde qui est comme à l’éternel présent, l’éternité du moment de la découverte. Cela donne à ses romans quelque chose de poignant parce qu’on ne sait jamais ce que les personnages vont faire, ce dont ils sont capables. Folie et raison y sont sur le même plan, deux composantes du monde. Et cela donne à l’érotisme qui est le fil rouge de beaucoup de ses textes un goût inexplicable : il n’y a pas de péché chez elle, pas de remords, pas de culpabilité. Voilà, c’est un monde d’avant la faute. Même le masochisme n’y est pas coupable. Un regard d’enfance éternelle, peut-être ? Je ne peux guère en dire plus, je n’en sais pas plus.

11-Vous êtes également la traductrice d’un roman (D’acier, de Silvia Avallone) qui a connu un joli succès (Grand Prix des Lecteurs de l’Express) que je ne m’explique pas tant je n’ai pas éprouvé la moindre envie de lire ce livre, un avis qui n’engage que moi bien sûr. Pourriez-vous me donner trois bonnes raisons de changer d’idée ?

Je ne sais pas si j’en trouverai trois, mais déjà une, et elle est de taille : Silvia Avallone est une romancière, une vraie. Les romanciers sont bien plus rares qu’on ne croit. Il y a des gens qui écrivent des livres qui nous touchent, nous bouleversent, nous amusent… mais très peu de vrais romanciers.

Ce que j’appelle « romancier », c’est l’écrivain capable d’inventer desUnknown-2 personnages qu’on n’oublie pas, qui ont une épaisseur de vie, une profondeur et un mystère dont le livre a su nous définir les contours sans les percer. Ils continuent de vivre en nous comme vivent en nous les personnes que nous avons connues dans la vraie vie. Anna et Francesca, les deux héroïnes de D’acier, existent toujours dans ma mémoire cinq ans après la traduction, comme existent Marina et Andrea, les deux protagonistes de son deuxième roman, Marina Bellezza. Comme existent Anna Karénine, Emma Bovary, le prince Mychkine et Nastassia Filippovna. Je ne veux pas dire que Silvia Avallone est le Tolstoï ou le Dostoïevski d’aujourd’hui, elle le deviendra peut-être, elle est si jeune. Mais elle est de cette famille-là. Elle a ce don inné, cette capacité qu’on a ou qu’on n’a pas : la puissance romanesque.

Unknown-9J’ai traduit un grand nombre de romans, j’ai retrouvé dans mes rêves des phrases, des atmosphères qui étaient dans ces romans, ou bien j’ai rêvé de la maison des Routes de poussière, de Rosetta Loy. Mais je n’ai rêvé que deux fois des personnages : la première fois c’était les deux héros de Melodramma (Partition vénitienne, chez Liana Levi), de Pier Maria Pasinetti, un auteur qu’on devrait redécouvrir, ou découvrir enfin, car il a cette même puissance romanesque. Dans mon rêve, je passais en train et je voyais au loin, dans la plaine du Pô, les deux personnages du roman debout, qui discutaient, habillés de redingotes et chapeaux haut-de-forme, comme dans le roman, qui se passe au XIXe siècle. Je les voyais non tels que l’auteur les avait décrits, car il ne les décrivait pas, mais tels que je me les étais imaginés. Et je les voyais de loin, depuis un train. Or, quand je traduisais D’acier, j’ai rêvé que j’étais dans une des scènes les plus fortes du livre, la scène de la patinoire, et j’étais un des personnages (je ne dirai pas lequel). Cela ne m’était jamais arrivé avant, et cela ne m’est plus arrivé.

Je ne sais pas ce que fera Silvia Avallone de ce talent énorme qu’elle a, mais j’ai confiance en elle.

12-Avez vous un livre italien (ou français, après tout) de chevet ?

En italien j’aime définitivement Calvino, tout ce que j’en ai lu mais particulièrement la Trilogie de « Nos Ancêtres » et parmi ceux-là Le Baron perché, auquel certainement je m’identifie. Nous aussi, les traducteurs, comme les écrivains, nous vivons perchés dans notre arbre et n’en descendons jamais, ou pas vraiment.

En français, j’ai deux livres de chevet, qui sont même plus que des livres deUnknown-10chevet puisque je me débrouille toujours pour les emporter en voyage, et que je ne cesse de les lire et relire : c’est Alcools d’Apollinaire, son recueil de poésie majeur, et Un cœur simple, un des trois contes de Flaubert, que je tiens pour un des chefs-d’œuvre de la langue française. De l’un comme de l’autre je sais des passages par cœur, et chaque lecture m’émeut au même endroit, chaque passage conserve au fil du temps sa capacité à me serrer le cœur ou à me faire monter des larmes d’admiration. Ce sont mes deux talismans : si ces deux livres existent, la vie vaut la peine d’être vécue de la manière dont j’ai choisi de la vivre.

13-Et une ville italienne de prédilection ? Pour quelles raisons ?

Unknown-11Longtemps je n’ai aimé que Venise, je ne pouvais pas aller en Italie sans aller d’abord à Venise. Venise, la seule ville qui n’ait pas déçu le Narrateur dans la Recherche, parce que Venise est un livre, un corps, un univers en soi. « La vraie vie, la vie rêvée », dit Proust. Il ajoute « c’est la littérature ». Mais Venise est la littérature. Pour moi, malgré l’invasion touristique, cela reste « la » ville.

14-Qu’est ce qui vous a poussée vers l’apprentissage de cette langue plutôt qu’une autre ?

J’y suis venue « par défaut », je dirais. J’étais l’aînée, mon père enseignaitimages-7
l’allemand, j’ai donc fait allemand en première langue. Pour la seconde langue on m’a donné le droit de choisir. Et comme je détestais l’allemand (conflits avec mon père), j’ai choisi ce qui m’en semblait le plus éloigné : l’italien. Les cours d’italien étaient délicieux : nous étions peu, et nous baignions, professeurs et élèves, dans une atmosphère de gentillesse et joie de vivre qui est propre à l’italien. Ce furent les moments les plus heureux de ma scolarité. À l’université, même si j’ai choisi Lettres modernes, j’ai poursuivi parallèlement des études d’italien, et je suis allée à Grenoble, qui était la meilleure faculté d’italien en France. Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans de l’italien dedans.

15-L’amour de la traduction est pour vous, j’imagine, indissociable de l’amour que vous portez à ce pays et à cette culture ?

Sans doute. Comme la traduction est pour moi un métier de partage, partager ce que j’aime est la seule chose qui ait du sens…

16-Le Grand Prix de Traduction de la SGDL a-t-il changé quelque chose dans votre carrière ?

Unknown-1Oui et non. Sur le moment, ce fut un choc car je ne m’y attendais pas du tout. Quand on débute, on voit des collègues recevoir des prix et on se dit qu’on aimerait un jour réussir assez dans ce métier pour en mériter un. Et puis le temps passe, et on oublie. J’ai eu la chance que certains de mes auteurs aient remporté des prix, et c’était déjà pour moi une reconnaissance, en creux, de mon travail.

Le Grand Prix de Traduction de la SGDL, lui, couronne l’ensemble d’une œuvre de traducteur : d’abord, il vous fait vous apercevoir que vous avez une œuvre, ce qui fait une impression étrange. On se demande un peu s’il ne faudrait pas, après cela, s’arrêter. Mais bien sûr, on ne peut pas, donc on continue. Le grand plaisir que cela m’a fait a été la reconnaissance sur un point précis, qui est mon orgueil de traductrice. Il m’a été décerné à l’occasion de la parution la même année de deux textes qui n’avaient rien à voir l’un avec l’autre, qui étaient même l’antithèse l’un de l’autre : D’acier, de Silvia Avallone, et Ils ont tous raison, de Paolo Sorrentino. On m’y a donc félicitée de ma capacité à passer d’un univers linguistique à un autre, qui est son contraire. J’ai été très fière de cela car je pense qu’un traducteur doit être un caméléon.

17-Nous avions fait connaissance au CITL (Arles). Y avez-vous déjà été en résidence ?

J’y suis allée souvent quand je faisais partie du Conseil d’administrationUnknown-13 d’Atlas, qui gère les Assises de la Traduction en Arles et le Collège des Traducteurs. J’y ai même passé quelques jours en résidence, en effet, où j’ai pu apprécier le plaisir de travailler dans la bibliothèque et d’avoir à portée de main tous les outils de travail, tous les dictionnaires nécessaires à un traducteur. Je conseille vivement aux jeunes collègues d’y aller en résidence, d’autant qu’il y a une ambiance sympathique. Et puis nous sommes tellement isolés les uns des autres, chacun dans sa bulle, que voir d’autres fous comme nous, d’autres passionnés comme nous de la traduction, fait un bien immense. Pour la même raison, je conseille absolument aux collègues de se rendre aux Assises d’Arles, une fois par an, le week-end du 11 novembre : être au milieu de tous ces gens qui ont attrapé un jour, comme nous, le virus de la traduction, un virus qui vous change la vie, est un grand bonheur, une exaltation qui alimente le moteur intérieur pour de nombreux mois. On y découvre qu’on n’est pas seul, c’est énorme !

18-Arrêterez-vous un jour de traduire ? Pour faire quoi ? Lire, encore, toujours, jardiner, musarder ?

Non, je n’arrêterai jamais. Il faudrait que j’arrête de vivre.

Pourquoi traduire dans votre tête est dangereux

Abordons une erreur fondamentale dans l’apprentissage d’une langue, qui peut vraiment réduire à néant tous vos efforts. Je me devais de faire une vidéo à ce sujet, pour vous éviter de prendre de mauvaises habitudes difficiles à perdre : mauvais vocabulaire, faux-amis expressions étranges pour un locuteur natif… Partons plutôt sur de bonnes bases.

Pourquoi il est essentiel de penser directement dans votre langue cible

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Quand mère et fille traduisent ensemble : un tandem original !

Il n’est pas très fréquent qu’une traduction soit le fruit d’un travail en commun, comme celui qu’ont réalisé avec talent Nadine Gassieet Océane Bies, un tandem d’autant plus solide et harmonieux qu’il réunit la mère (Nadine) et la fille (Océane) ! Leur éloignement géographique relatif n’est guère un obstacle à notre époque où les échanges par mail et téléphone sont si aisés. Toutefois, des séances intenses de travail à deux sont nécessaires, surtout à la fin, lors des ultimes relectures, des corrections et à la réception des épreuves. Grâce à ce dialogue toujours constructif et ce souci constant de la qualité, Nadine Gassie et Océane Bies réalisent un travail unique qui donnera au lecteur français le plaisir de s’approprier des œuvres enfin à sa portée.

Nous les remercions vivement d’avoir répondu à nos questions avec enthousiasme et précision.

Pour lire la suite de cette passionnante interview menée par Jean-Paul Deshayes, une seule adresse, celle d’un blog (le mot juste en anglais) où vous trouverez d’autres passionnantes interviews et des tas d’infos linguistiques. Cliquez ici…

Clavier chinois : styles et curiosités

Soumis par Federico Pérez … le 30/07/2018

À quoi ressemblent les claviers chinois ?

Vous êtes-vous déjà demandé comment les chinois écrivent à l’ordinateur ou sur leurs portables ?  Le mandarin possède des milliers de caractères différents. Ce qui nous vient à l’esprit d’abord sont des claviers immenses de mille et une touches. Pourtant, les claviers chinois sont identiques aux nôtres. Si vous voulez apprendre à écrire chinois avec votre ordinateur ou votre téléphone portable, cet article est fait pour vous!

Comment fonctionne le clavier chinois

Comment fonctionne le clavier chinois

Les machines à écrire traditionnelles en Occident sont apparues au début du 19e siècle. Pourtant, à cause de la complexité de la langue chinoise et de ses milliers de caractères, les premières machines à écrire chinoises ont surgi au début du 20e siècle. Il s’agissait alors d’énormes machines construites avec des casiers mobiles où les caractères étaient rangés selon le système des dictionnaires de l’époque.

Ce système d’écriture mécanique a été rapidement substitué par les ordinateurs personnels et les claviers pour ordinateur.

L’écriture chinoise sur l’ordinateur se base sur le système phonétique pinyin. Ce système d’écriture utilise l’alphabet occidental pour représenter les sons et la prononciation des caractères qui apparaissent au fur et à mesure qu’on écrit sur l’écran.

Comment fonctionne le clavier chinois

Un petit problème néanmoins, de nombreux caractères chinois ont la même prononciation, même s’ils signifient des choses complètement différentes. Lorsqu’on parle ou on écrit chinois, le contexte est fondamental pour comprendre le message. Pour autant, écrire chinois sur l’ordinateur peut être quelque chose d’ennuyeux, étant donné qu’on dépend de la capacité intuitive du programme pour connaître le contexte, ce qui n’arrive pas toujours…

Comment résoudre ce problème ? Au fil du temps, les programmes d’écriture ont évolué et ils sont aujourd’hui capables de sauvegarder nos habitudes d’écriture, et de prédire avec exactitude quel est le caractère que l’on veut écrire. De toute façon, on peut toujours sélectionner le caractère que l’on veut manuellement, avant que le système ne le confirme tout seul.

Comment fonctionne le clavier chinois

Comment installer le clavier chinois sur l’ordinateur

Pour écrire chinois sur notre ordinateur, on n’aura besoin d’installer que certains logiciels compatibles.  Personnellement, je vous recommande le logiciel officiel de Google Pinyin, que l’on peut télécharger et configurer via ce lien, ou bien Microsoft IME, qui est installé sur tous les dispositifs de Windows.

Pour installer le chinois mandarin sur Windows, d’abord on va sur le Panneau de Configuration et on recherche la boîte de dialogue Options Régionales et Linguistiques.

Comment installer le clavier chinois sur l'ordinateur

Ensuite, il faut sélectionner l’onglet Claviers et Langues et cliquer sur  Changer claviers.

Comment installer le clavier chinois sur l'ordinateur

Dans la fenêtre suivante, il faudra dérouler la section Services de Texte et Langue d’Entrée, et nous chercherons le chinois simplifié.

Comment installer le clavier chinois sur l'ordinateur

Comment installer le clavier chinois sur l'ordinateur

Fait! La langue est donc configurée sur l’ordinateur et on peut commencer à écrire les  textes en chinois.

Les claviers des portables chinois

Les claviers des portables chinois

À l’instar des claviers d’ordinateur, les chinois n’utilisent aucun clavier spécifique sur leur téléphone. D’ailleurs, le système d’écriture chinois des téléphones portables est beaucoup plus précis que celui des ordinateurs. Tous les dispositifs, Android et iOS permettent l’écriture manuelle pour les personnes qui ne sont pas familiarisées avec le pinyin (rappelons-nous qu’il a été instauré il y a un peu plus de 50 ans).

Pour configurer la langue du portable, on doit aller dans Réglages, chercher les Paramètres puis la rubrique des Langues et Clavier et sélectionner le chinois mandarin. C’est très simple!

Les claviers des portables chinois

Comment modifier la langue sur un portable chinois.

Si vous faites l’acquisition d’un téléphone portable chinois et vous vous rendez compte que tout est en caractères chinois… ne vous en faites pas! De nos jours, la majorité des portables permettent de changer librement de langues, vous devez juste trouver les “lettres chinoises” correctes pour arriver au français comme langue prédéterminée.

Pour configurer la langue d’un portable chinois en français, suivez ces étapes.

Comment modifier la langue sur un portable chinois.

TRADUCTEUR ANGLAIS PROFESSIONNEL, DEVIS IMMÉDIAT

Comment être sûr de faire appel au traducteur anglais professionnel adéquat ? Parmi la multitude de traducteurs disponibles sur le marché, tous ne sont pas adaptés à votre besoin. Voyons les différents facteurs qui entrent en compte.

1. À quel pays destinez vous votre traduction en anglais ?

L’anglais est protéiforme, plus que le français. Pour une traduction en anglais à destination du Royaume-Uni, mieux vaut un traducteur anglais professionnel, il en va de même pour les États-Unis et l’Australie. Et a forciori pour l’Inde ou l’Afrique du Sud, où le choix d’un traducteur local est fortement recommandé. En suivant ce lien vous trouverez une petite liste des différences entre anglais US et UK.

Si l’on veut faire traduire son CV en anglais, la différenciation est encore plus importante. Au delà des différences d’orthographe, la forme et le ton du CV américain et du CV du Royaume-Uni sont parfois discordants.

2. Traducteur anglais professionnel ou simple bilingue ?

Vu de l’extérieur, on peut parfois croire qu’un bon bilingue anglophone sera un bon traducteur en anglais. C’est oublier la technicité du métier. Les traducteurs professionnelsmaîtrisent les outils informatiques qui permettent d’avoir un rendu homogène et propre.

L’homogénéité, c’est à dire le fait qu’un mot ou une phrase soient traduits de la même façon en divers endroits du texte, est primordiale dans les traductions juridiques par exemple.

La traduction français-anglais est très « touchée » par le phénomène des traducteurs amateurs. En effet, la première langue étrangère qu’un Français apprend est généralement la langue de Shakespeare, et les échanges universitaires en Europe et dans le monde permettent à de nombreux étudiants d’acquérir un bon niveau d’anglais.

Ce type de traduction convient tout à fait pour des traductions de moindre importance (articles de blog, tourisme, communication interne…). Mais elle est déconseillée pour les traductions en anglais juridique, dans le domaine médical et plus généralement dans tous les domaines où le texte est amené à persuader un client (traduction marketing) ou respecter des normes (traduction en immobilier par exemple). Dans ces cas, le recours à un traducteur anglais professionnel est primordial.

Conclusion

Pour choisir le bon traducteur anglais professionnel et faire traduire votre document, deux points sont à considérer : la destination géographique du texte, et le type de traduction dont vous avez besoin.

Ces deux questions se présentent également pour les traductions dans les autres langues, mais vu la diversité des pays anglophones et le nombre de personnes maîtrisant cette langue à un bon niveau, elles sont particulièrement vraies pour les traductions en anglais.

Pour vous aider dans votre projet, vous pouvez faire appel à notre service de traduction professionnelle.

Approcher des prospects internationaux grâce à la traduction de ses livres blancs

Le potentiel des livres blancs

Un livre blanc est un support qui offre à une société la possibilité d’asseoir son expertise dans son domaine d’activité. Il est généralement disponible en téléchargement libre sur son site internet. En échange de ce partage d’informations qualitatives sur un sujet précis, la société obtient l’adresse mail de la personne qui en fait la demande. Les livres blancs représentent donc un excellent moyen de capter des leads qualifiés qui pourront ensuite être approchés par les équipes commerciales.

Convertir les lecteurs de ses livres blancs en clients

La réalisation d’un livre blanc représente un travail conséquent, autant sur le plan rédactionnel que sur le plan graphique. Le document final est une vitrine de l’expertise de l’entreprise et de son professionnalisme.

Adapter ses livres blancs à une cible internationale

Lorsqu’une entreprise s’internationalise, elle doit adapter l’ensemble de ses supports de communication à ses nouvelles cibles. Le livre blanc, véritable outil marketing, n’échappe pas à cette règle.

L’investissement en termes de temps et de budget que la réalisation d’un livre blanc représente ne doit pas être altéré par une traduction approximative. La qualité du document doit en effet être constante, quelle que soit la langue utilisée car la crédibilité de l’entreprise est en jeu.

Il est donc primordial de faire appel à des professionnels de la traduction qui sauront s’adapter à l’audience ciblée. Il est fortement conseillé de confier le projet à plusieurs traducteurs, en fonction du nombre de pays concernés. En effet, faire appel à des natifs permettra une traduction plus pointue du document, avec la prise en compte de façon intuitive des particularités de l’audience. La qualité de la traduction n’en sera que meilleure.

Nous attirons votre attention sur deux éléments essentiels à prendre en considération lors de la traduction de vos livres blancs :

Un champ lexical spécifique

Si votre secteur d’activité ou votre façon de communiquer avec vos prospects et clients implique le recours à un vocabulaire particulier, vous avez la possibilité de fournir au traducteur un lexique ou un glossaire. La version traduite de votre livre blanc s’adaptera ainsi à ces contraintes spécifiques.

S’il existe des versions traduites de vos supports de communication (brochures, site internet, bannières publicitaires, etc.), il est pertinent de reprendre le même vocabulaire afin d’assurer une homogénéité.

La plateforme Eazylang vous permet de mettre à disposition une base terminologique qui sera prise en compte par le traducteur en charge de votre projet.

Les particularités et références culturelles

Lorsque l’audience d’une société est nationale, les références culturelles sont rarement sources d’incompréhension. Il convient cependant de s’interroger sur la compréhension et sur les différentes interprétations possibles lorsque l’on cible des leads internationaux. Il faut alors éviter les références culturelles, les jeux de mots, les expressions idiomatiques et rester très factuel.

Dans ce cas précis, le recours à un traducteur professionnel est essentiel puisqu’il sera capable de détecter ces particularités et de les adapter à la langue ciblée, celle-ci étant sa langue maternelle. Lorsqu’il n’existe pas d’équivalence, le traducteur choisira une manière plus neutre de retranscrire l’idée.

Eazylang vous accompagne dans la mise en place de vos projets de traduction, n’hésitez pas à nous contacter pour obtenir des informations complémentaires.