Post-édition : une prestation superflue ou essentielle ?

L’évolution permanente des nouvelles technologies voit la traduction automatique se perfectionner de plus en plus, avec des résultats parfois bluffants. L’avancée de l’intelligence artificielle et notamment la méthode d’apprentissage dite du deep learning, grâce à un réseau de neurones artificiels, rend désormais possible ce qui ne l’était pas il y a 10 ans. Pourtant, si la machine offre certains avantages, elle ne peut pas (encore !) se passer d’une vérification poussée par un être humain. C’est là qu’intervient la post-édition.

QU’EST-CE QUE LA POST-ÉDITION ?

Réalisée par des responsables linguistiques chevronnés, la post-édition désigne la relecture approfondie d’une texte prétraduit automatiquement. C’est une étape essentielle, car la probabilité d’erreurs et d’approximations est plus importante lorsque la traduction est effectuée par une machine plutôt que par un traducteur professionnel.

Traduire ne consiste pas simplement à passer d’une langue à l’autre en faisant du mot à mot et, à moins d’être purement technique, un texte contient généralement des expressions idiomatiques, des nuances ou des figures de style qui peuvent poser problème à un outil de traduction automatique.

De plus, les machines ne sont pas encore capables de vraiment « comprendre » le monde qui les entoure. Les références culturelles ou les dates historiques qui évoquent immédiatement un souvenir ou une sensation à la plupart des êtres humains sans nécessiter d’explications, comme mai 68 ou le 11 septembre, ne sont rien d’autre que des chiffres pour une machine. Elles sont souvent la cause de contresens ou de traductions approximatives. D’autres problématiques restent difficiles à solutionner, comme l’usage du féminin/masculin qui diffère en fonction des langues. Par exemple, le « it » neutre en anglais deviendra « il » ou « elle » en français, selon le contexte, et n’est pas toujours facile à déterminer par la machine.
Mais il faut se rendre à l’évidence, dans un monde où tout doit être rapide et efficace, la post-édition est amenée à être de plus en plus proposée par les agences de traduction comme InPuzzle pour s’adapter à la demande croissante en ce sens.

DES NIVEAUX DE POST-ÉDITION ADAPTÉS AUX BESOINS DU CLIENT

Selon les besoins du client, il peut s’agir d’une relecture destinée uniquement à une bonne compréhension par le public cible, l’objectif étant d’avoir un texte cohérent et correct, ou bien d’une vraie réécriture, avec un travail sur le style et des ajustements de fond, pour un texte final d’une qualité irréprochable.

La post-édition par un traducteur/relecteur est donc une étape indispensable pour assurer la bonne adaptation du contenu traduit par un outil de traduction automatique. Elle est garante de l’exactitude et de la qualité des informations d’un texte, et elle est indispensable pour obtenir un résultat fluide et naturel.

Si les progrès des machines sont indéniables et peuvent s’avérer être un gain de temps, l’intervention humaine reste pour le moment essentielle à la finalisation d’une traduction automatique. En matière de traduction, les machines ne sont pas encore toutes-puissantes !

Elsa Hoffmann

NOUVEAUX TRADUCTEURS : 10 CONSEILS POUR BIEN DÉMARRER

Il y a quelques semaines, j’ai répondu avec plaisir à l’invitation d’une de mes professeurs de l’ÉSIT qui m’avait conviée à un de ses cours afin que je partage mon expérience avec les étudiants de la promotion 2016. La plupart envisagent d’exercer en tant que traducteurs et interprètes indépendants dès leur sortie de l’école et étaient avides de conseils pratiques pour bien démarrer.

Voici les 10 recommandations que je leur ai faites :

 

 

 

1. PRÉPAREZ VOTRE LANCEMENT

Avant de vous lancer tête baissée dans la création d’une entreprise, prenez le temps de réfléchir à ce que représente cet important choix de vie. Être indépendant offre une très grande liberté et, en général, une meilleure rémunération que l’emploi de traducteur salarié (sauf si vous êtes recruté par une organisation internationale, mais c’est un cas à part). Vous bénéficierez également d’une expérience plus variée qui vous permettra de choisir véritablement votre domaine de spécialisation. Toutefois, ces avantages ne doivent pas masquer un certain nombre de contraintes : en tant que créateur et gestionnaire d’une entreprise, vous aurez à réaliser de nombreuses tâches qui ne sont pas directement liées à votre domaine d’étude (prospecter, facturer, établir et maintenir une comptabilité, gérer vos relations clients, etc.). Êtes-vous prêt à y consacrer une part importante de votre temps ? Certains d’entre vous pourraient se sentir isolés en travaillant seuls à la maison. Sans compter que vos revenus seront, au moins dans un premier temps, aléatoires, ce qui peut susciter un stress important en période creuse. Bref, regardez la réalité en face, au besoin en demandant à des traducteurs expérimentés de vous décrire leur quotidien sans fard, afin d’éviter toute désillusion.

 

Une fois convaincu que la vie de freelance est faite pour vous, effectuez une petite étude de marché pour identifier les différents types de clients, les domaines de spécialisation porteurs, les revenus que vous pouvez espérer, etc. Les associations professionnelles sont de précieuses alliées à ce stade pour vous donner l’occasion de rencontrer des collègues en exercice et pour les rapports qu’elles publient régulièrement sur l’état de la profession. En plus du marché, étudiez également l’environnement juridique (formes d’entreprises, obligations légales, aides à la création, etc.) pour être à même de prendre les bonnes décisions au regard de votre situation.

 

Avant même de commencer à démarcher des clients potentiels, soignez votre présentation : rédigez un CV et créez des profils sur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Twitter, Facebook, Viadeo…), car vos prospects ne manqueront pas de vous « googliser » pour savoir à qui ils ont affaire. Dans même, si vous ne disposez pas dans un premier temps d’un site web professionnel, assurez-vous au moins d’avoir une adresse e-mail dédiée (nanou94@yahoo.com ou barbaraetlucas@gmail.com nuisent à votre crédibilité professionnelle) et une signature automatique précisant vos langues de travail et redirigeant vos contacts vers des pages leur permettant de se renseigner sur vous. Enfin, faites imprimer des cartes de visite que vous aurez toujours sur vous, car on ne sait jamais quand on pourrait rencontrer une personne à la recherche d’un traducteur !

 

2. FIXEZ VOTRE TARIF AVANT DE PROSPECTER

Pour éviter d’être prix au dépourvu quand vos efforts de prospection vous placeront enfin en position de négocier avec un client potentiel, réfléchissez dès maintenant au tarif que vous demanderez. L’étude de marché que vous aurez réalisée (voir conseil n° 1) vous aidera dans cette démarche qui doit s’appuyer à la fois sur ce qui se pratique dans la réalité (consultez les tarifs moyens par combinaison de langue présentés dans l’étude tarifaire de la SFTet vos propres besoins (attention, comme je vous l’ai déjà expliqué votre temps ne sera pas uniquement consacré à la traduction, donc toute heure travaillée n’est pas forcément rémunérée).

 

Quoi qu’il en soit, NE BRADEZ PAS VOS SERVICES EN ESPÉRANT TROUVER DES CLIENTS ! Être un peu plus cher est paradoxalement plus vendeur pour des clients en quête de qualité (les meilleurs). Sans compter que si vous pratiquez des tarifs trop bas, vous passerez tout votre temps à traduire pour gagner peu, sans pouvoir consacrer le temps nécessaire à la recherche de contrats plus rémunérateurs.

 

3. TROUVEZ DES CLIENTS

Sachez que si vous avez du mal à trouver des clients, ces derniers ont autant de difficultés à trouver des traducteurs. Acquérir une plus grande visibilité doit donc être votre priorité. Pour cela, ne négligez aucune piste : informez la Terre entière (votre grand-mère, la boulangère, votre banquier, vos copines de yoga, etc.) que vous êtes traducteur. Vous aurez certainement droit aux questions habituelles : « vous traduisez des livres ? Combien de langues parlez-vous ?… » et aux réflexions légèrement apitoyées : « cela doit être dur, non, d’être seul à la maison toute la journée ? », mais en informant patiemment vos auditeurs vous saisirez l’opportunité de vous faire l’ambassadeur de notre beau métier et, surtout, de devenir LE traducteur professionnel du carnet d’adresses de tous ces braves gens prêts à transmettre généreusement (et gratuitement) vos coordonnées dès qu’ils entendront parler d’un besoin de traduction.

 

Le réseautage est un autre élément essentiel de votre stratégie de prospection  : maintenez des liens avec vos anciens collègues et employeurs et tenez-les informés de l’évolution de votre carrière, devenez membre d’une, ou plusieurs, associations professionnelles, notamment de votre association d’anciens élèves, afin de vous appuyer sur leurs réseaux. Contrairement à ce que pensent certains, les autres traducteurs ne sont pas vos concurrents, mais des partenaires potentiels. S’ils vous connaissent, ils pourront éventuellement faire appel à vous pour décrocher un gros contrat ou vous proposer de sous-traiter une partie de leur activité lorsqu’ils seront débordés. Alors, sortez de chez vous et allez à leur rencontre !

 

Méfiez-vous des plateformes de mise en relation, type Upwork (née de la fusion de oDesk et elance), Freelancer, Trouve-moi un freelance, etc. Ces sites proposent de mettre en relation des entreprises avec des travailleurs indépendants, mais lorsque les offres de projet sont affichées, ils fonctionnent en fait comme des enchères inversées organisant une course aux tarifs les plus bas.

 

Enfin, quel que soit votre état de famine, n’acceptez JAMAIS un contrat sans vous renseigner préalablement sur votre client potentiel. Entre les déplorables pratiques de certaines agences et les très nombreuses arnaques aux traducteurs sur Internet, les écueils sont nombreux. ne vous réjouissez pas trop vite, prêt à accepter n’importe quoi pour décrocher un contrat : commencez par rechercher une partie du texte à traduire sur Google (les arnaqueurs ne sont pas créatifs et envoient souvent le même texte des milliers de fois dans l’espoir de duper les traducteurs indépendants) et consultez les avis de vos pairs sur Payment Practices, le Blue Board de ProZ, etc. Je reviendrai sur ce vaste sujet dans un prochain billet, promis !

 

4. DONNEZ-VOUS DU TEMPS

Tous les traducteurs qui sont passés par là avant vous vous le diront : se constituer une clientèle prend environ un an. Patience est donc le maître-mot, mais prévoir une petite somme pour survivre en attendant ne fait pas de mal ! Ne vous découragez pas. Vos efforts finiront par payer, probablement au moment où vous vous y attendrez le moins. Un de mes tout premiers clients directs m’a été adressé par une amie française installée à Londres qui avait été sollicitée à la sortie de l’école par une maman, directrice marketing d’une PME, pour traduire le site web de sa société (avis aux clients potentiels : cette histoire aurait pu mal tourner si mon amie n’avait pas une « vraie » traductrice dans son carnet d’adresses !)

 

5. COMMENCEZ PAR LES AGENCES

Pour décrocher plus rapidement vos premiers contrats, frappez aux portes des agences de traduction. Ces intermédiaires ont le mérite de vous faciliter la recherche de clients, ce qui a un coût bien sûr (vos prestations seront généralement moins bien rémunérées que si vous facturiez directement un client), mais offre une expérience très formatrice. En effet, les agences sont en mesure de vous fournir des missions variées et, à condition de bien les choisir, contribueront à accroître votre rigueur par la révision attentive de votre travail.

 

Pour identifier les meilleures, fiez-vous une fois encore à vos collègues (certains forums comme ProZ ou le Translator’s Cafe compilent les commentaires de traducteurs) et exercez votre bon sens pour ne pas faire les frais de pratiques douteuses. Par exemple, considérez que vous n’avez pas à subir de pressions pour baisser votre tarif : puisque vous ne l’avez pas fixé au hasard, il doit donc simplement être accepté ou refusé. Méfiez-vous également des fausses promesses de type « facturez moins cher maintenant pour travailler plus à l’avenir » et n’acceptez jamais d’être payé à condition que le client final ait lui-même réglé sa facture (c’est tout simplement illégal). Dans le même esprit, plutôt que d’effectuer à titre gracieux moult tests de traduction, proposez des extraits de votre travail présentant la source en regard de la cible (après tout, on ne demande pas une consultation d’essai à un médecin ou un test de créativité à un graphiste !). Enfin, même si la question peut être débattue, je trouve les rabais pour « fuzzy matches » abusifs, car rien ne garantit la qualité des segments enregistrés dans la mémoire de traduction que vous devrez utiliser et dont vous aurez, de toute façon, à adapter le contenu.

 

Pour résumer, votre relation avec une agence est une entente commerciale entre deux entreprises, les termes de votre collaboration sont donc librement négociables. Même si certaines abusent de leur position dominante pour faire pression sur des professionnels DONT ELLES ONT BESOIN POUR EXISTER, vous n’êtes pas tenu de tout accepter sous prétexte de décrocher un contrat.

 

6. FAITES PREUVE DE PROFESSIONNALISME

Il ressort du point précédent que vous devez absolument vous considérer comme un professionnel et vous présenter en tant que tel. Dans cet objectif, rédigez des conditions générales de vente qui serviront de base à vos négociations commerciales et établiront dès le départ les modalités de paiement et les obligations de chacune des parties.

 

Par ailleurs, mettez un point d’honneur à respecter scrupuleusement les délais et les consignes. Au moindre doute, faites des recherches et si vous ne parvenez pas à trouver vous-même la réponse, posez des questions à votre donneur d’ordre. Personne ne lit un document plus attentivement qu’un traducteur, vous êtes donc un atout précieux pour l’auteur et un filet de sécurité avant la publication de son texte. Signalez respectueusement toute coquille ou maladresse, en étant conscient d’offrir de la valeur ajoutée tout en contribuant à asseoir votre réputation professionnelle. En outre, relisez toujours attentivement votre travail, même s’il doit être révisé par un tiers.

 

7. FAITES-VOUS RECOMMANDER DÈS VOS PREMIERS CLIENTS

Lorsque vous renvoyez votre traduction, ou peu de temps après, sollicitez l’avis de vos clients sur votre prestation. Leurs témoignages constituent un outil précieux pour améliorer la qualité de votre travail et convaincre d’autres agences ou clients directs de vous faire confiance. Même si peu de traducteurs parviennent à s’y astreindre dans les faits, vous devriez prospecter continuellement pour maintenir un niveau d’activité régulier. En effet, un important donneur d’ordre peut à tout moment renoncer à un projet ou faire appel à un autre prestataire, mieux vaut donc répartir le risque de perte financière en maintenant un portefeuille de clients (sans compter que travailler pour un seul donneur d’ordre peut être considéré par l’URSSAF comme une forme de salariat déguisé, lourd de conséquences). Afin d’augmenter vos chances de recueillir ces précieux avis, privilégiez une approche directe en simplifiant au maximum la tâche des personnes sollicitées. Vous pouvez par exemple envoyer une demande de recommandation via LinkedIn ou créer un questionnaire rapide à l’aide d’applications de sondage gratuites comme Survey Monkey.

 

Les périodes creuses sont propices au développement de votre activité : profitez-en pour vous former dans vos domaines de spécialité, acquérir de nouvelles connaissances ou aller à la rencontre de traducteurs. Si vous avez recours à la formation, sachez qu’il est possible de vous faire rembourser tout ou partie des frais engagés par le Fonds interprofessionnel de la formation des professions libérales (FIFPL) (code NAF : 7430 ZS).

 

8. NE VOUS SPÉCIALISEZ PAS IMMÉDIATEMENT (MAIS NE TARDEZ PAS TROP NON PLUS)

Les traducteurs ne sont pas omnipotents et sont même bien meilleurs lorsqu’ils se concentrent sur un certains types de textes. En réduisant le nombre de sujets que vous accepterez de traiter, vous limiterez certes la taille du marché ciblé, mais aurez accès à des contrats plus rémunérateurs, confiés uniquement à des professionnels expérimentés. Pour être viable, une spécialisation doit rester relativement vaste pour faire face à d’éventuels retournements de situation économique dans un secteur d’activité (traduction juridique, technique, financière, marketing, etc.), mais peut aussi être très étroite pour vous positionner sur un marché de niche (vous devenez alors LE traducteur spécialisé dans la culture d’orchidées ou les techniques de soin bucco-dentaire). Pour guider votre choix, interrogez-vous sur ce qui vous plaît et ce que vous traduisez le mieux. Une fois que vous aurez opté pour un domaine, vous pourrez alors consacrer du temps à parfaire vos connaissances et votre savoir-faire, afin de produire des traductions de qualité qui passeront pour avoir été rédigées par un professionnel du domaine.

 

9. UNE FOIS SPÉCIALISÉ, ADRESSEZ-VOUS DIRECTEMENT AUX CLIENTS

Maintenant que vous avez cerné le marché à développer (le domaine d’activité dans lequel vous vous êtes spécialisé), vous êtes prêt à vous adresser aux entreprises qui pourraient avoir besoin d’un traducteur qualifié. En contournant les agences, vous gagnez un accès direct aux donneurs d’ordre et augmentez généralement vos perspectives de rémunération.

 

Sachez toutefois que cette approche a aussi son lot d’exigences : les clients directs sont souvent moins informés de la nature du travail des traducteurs et ont besoin d’être « éduqués » en ce sens pour la mise en place d’une collaboration fructueuse. Expliquez succinctement votre démarche en indiquant qu’il vous faudra être au fait des spécificités de leur entreprise et de leur stratégie, précisez les délais à prendre en compte, demandez à ce qu’on vous transmette les coordonnées d’une personne-ressource à qui vous pourrez éventuellement vous adresser pour clarifier certains points et insistez sur la nécessité d’une relecture par un tiers (en interne ou en externe, organisée par vous).

 

Vous devrez sans doute consacrer plus de temps à la « gestion client », mais cet investissement se révélera vite judicieux pour la mise en place d’une relation de confiance dans la durée. De plus en plus d’entreprises préfèrent avoir affaire à des traducteurs indépendants qui connaissent leurs spécificités et leurs enjeux, plutôt qu’à des agences qui se révèlent souvent incapables de leur fournir des prestations de qualité constante. Pour les fidéliser, soyez prêts à en faire un peu plus (les rencontrer en personne, faire de la veille sur leurs marchés dans votre langue cible, être disponible dans les temps forts de leur activité, etc.) et à gagner en visibilité (identité visuelleprésence sur le webparticipation à des salons, etc.) pour mieux vous intégrer dans leurs équipes.

 

10. NE RESTEZ PAS SEUL FACE À VOS INTERROGATIONS

Au fil de votre parcours d’entrepreneur, vous vous sentirez parfois seul et démuni face à certaines questions. Dans ces moments de doute, n’hésitez pas à vous appuyer sur des réseaux (d’entrepreneurs, d’anciens élèves, de traducteurs, etc.) qui rassemblent des professionnels ayant rencontré les mêmes difficultés avant vous et à même de comprendre votre situation. La vie de freelance, n’est pas un désert solitaire : c’est même une excellente opportunité de partage pour qui sait s’ouvrir aux autres. Alors, n’hésitez pas, rejoignez une ou plusieurs associations professionnelles et, lorsque vous serez à votre tour lancé, rendez aux suivants tout ce dont vous aurez su si bien profiter…

 

Bon vent !

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GARE AUX ARNAQUES À LA TRADUCTION

Vous avez récemment créé une entreprise et commencez à travailler régulièrement en tant que traducteur indépendant. La vie est belle : vos clients vous apprécient et vous récoltez enfin le fruit de vos efforts, bref, tout va bien, jusqu’à ce que vous attiriez l’attention des escrocs qui profitent de la numérisation et de la globalisation des services pour faire les poches aux traducteurs et autres travailleurs indépendants présents sur Internet. Pour mieux les démasquer et vous éviter de perdre du temps (ou pire de l’argent !) en tombant dans leurs filets, plus ou moins grossièrement tissés, je vous présente ici les tactiques qu’ils emploient communément et les mesures de bon sens à adopter pour vous protéger.

CEUX QUI VOLENT VOTRE TRAVAIL

  • Le client fantôme : Celui-là n’existe tout simplement pas. C’est une personne, ou une société, créée de toutes pièces en vue de solliciter vos services et d’obtenir une traduction qui ne sera jamais payée. Lorsque vous aurez accompli votre tâche et demanderez à être réglé, tout contact cessera séance tenante et vous serez incapable de joindre votre donneur d’ordre et encore moins de le contraindre à s’acquitter de ses obligations.
  • Le client dont l’identité est frauduleusement utilisée : Encore plus retors, certains escrocs n’hésitent pas à se présenter comme les représentants de sociétés légitimes, voire à se faire passer pour des employés de celle-ci afin de vous demander une traduction. Là encore, vous ne serez pas payé, puisque lorsque vous présenterez votre facture, personne n’aura connaissance de la moindre commande, ni même de votre existence !

 

Comment éviter de se faire avoir :

  • N’acceptez JAMAIS de travailler pour une personne ou une société dont vous n’avez pas vérifié la légitimité : commencez par rechercher son nom, son adresse et sa présence en ligne au moyen d’un moteur de recherche. Pour aller plus loin, des outils mis à disposition par le Translator Scammers Directory permettent de confirmer la validité d’un numéro de téléphone, d’un compte bancaire, etc.
  • Plus rapide et plus efficace, vous pouvez souscrire à des services payants vous renseignant sur la réputation de vos clients potentiels : Payment PracticesProZ Blue Board, etc.
  • Enfin, pour pouvoir justifier de toute commande passée, il vous faudra systématiquement obtenir un devis signé (une acceptation par e-mail a valeur de preuve, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont elle émane) ou un bon de commande émis par le donneur d’ordre ou un représentant officiel de celui-ci.

 

CEUX QUI VOLENT VOTRE RÉPUTATION

  • Le voleur de CV : l’usurpation d’identité de traducteurs est malheureusement de plus en plus répandue. L’idée est relativement simple et facilitée par la nature de notre métier : il suffit de copier intégralement votre CV, puis de modifier (ou non) votre nom et vos coordonnées pour proposer vos services à des milliers d’agences et d’entreprises dans le monde entier. Celles qui auront le malheur de faire confiance à votre double maléfique et lui confieront un texte recevront une traduction automatique de piètre qualité et, pour peu qu’elles ne la fassent pas immédiatement réviser, se verront envoyer une facture qu’elles paieront sans se douter de rien… jusqu’à ce que le charabia qu’elles ont acheté soit largement diffusé. Vous imaginez la suite : escroc injoignable, traducteur innocent vite trouvé sur Internet, coups de fil furieux, menaces de représailles, précieuse réputation sévèrement entachée, voire ruinée…

 

Comment éviter de se faire avoir :

  • Le premier réflexe à avoir pour éviter d’être victime de ce type d’arnaque est d’éviter la diffusion de votre CV. Décrivez votre expérience professionnelle sur LinkedIn, sur le site de votre association professionnelle ou autre, mais ne permettez pas qu’il puisse être téléchargé.
  • Établissez votre présence en ligne en multipliant les profils sur les réseaux sociaux et indiquez très clairement vos coordonnées pour que chacun puisse vous trouver plus facilement et vérifier les informations vous concernant.
  • Si vous avez été victime d’un vol d’identité et que vous connaissez l’adresse utilisée par l’usurpateur, précisez sur vos profils en ligne que vous n’avez rien à voir avec la personne qui l’utilise et dénoncez-la sur des sites spécialisés comme le Translator Scammers Directory.

 

CEUX QUI VOLENT VOTRE ARGENT

  • Quand il faut payer pour travailler : à la fois simple et redoutablement efficace, cette pratique malhonnête consiste à vendre un service inutile. Nouvellement installés à leur compte, encore peu au fait des pratiques de leur profession et soucieux de décrocher leurs premiers contrats, des indépendants peuvent, en effet, aisément se laisser convaincre qu’il leur faut obtenir une certification, s’inscrire sur un portail, souscrire à un service de mise en relation ou acheter un outil révolutionnaire pour accéder à des clients ou décrocher des contrats qui, au mieux, seront loin d’être aussi fabuleux qu’espéré et, au pire, ne se matérialiseront jamais !
  • Le trop-payé à rembourser : cette fraude très répandue consiste à appâter un traducteur en lui proposant un contrat de rêve (texte intéressant, délais confortables ET rémunération généreuse). S’il accepte de donner suite à cette offre alléchante, il reçoit alors un chèque (parfois d’un montant supérieur au montant de la prestation) qu’il dépose à la banque avant que l’escroc demande quelques jours plus tard à être remboursé (en général par Paypal, pour que le transfert de la somme s’effectue avant que son chèque soit, bien évidemment, déclaré sans provision).
  • La fraude 419 dite « à la nigériane » : grand classique de l’escroquerie, ce type d’escroquerie existait bien avant la naissance de l’Internet, mais son pouvoir de nuisance a été décuplé depuis. Son principe consiste à faire miroiter une commission sur une fabuleuse cagnotte (constituée de centaines de milliers, voire millions, de dollars en général bloqués dans un pays d’Afrique de l’Ouest, mais parfois aussi en Irak, en Iran, etc.) en échange du paiement de « menus » frais à avancer pour la récupérer. La cagnotte n’existe évidemment pas et les sommes avancées pour faciliter son transfert seront à jamais perdues.

 

Comment éviter de se faire avoir :

  • Par principe, restez sur vos gardes : « si c’est trop beau pour être vrai, ça l’est probablement » nous dit la loi de Murphy.
  • Il convient de se montrer particulièrement vigilant dans ses relations avec des clients potentiels afin de repérer les escrocs. Parmi les détails qui doivent vous alerter, citons une mauvaise maîtrise de la langue du message reçu, un discours peu professionnel dans son contenu, des pratiques contraires aux usages comme l’acceptation immédiate d’un devis ou la proposition spontanée d’un paiement d’avance, des pressions pour vous faire prendre une décision rapidement et, dans une moindre mesure, une adresse de messagerie gratuite ou l’absence de signature professionnelle. Cette vigilance est d’ailleurs de mise pour tout nouveau contact avec un client potentiel, quel que soit le contexte.
  • Vérifiez toujours les informations dont vous disposez : entrez un paragraphe du texte qu’on vous propose de traduire dans un moteur de recherche et le nom de votre contact sur les forums de traducteurs afin de déterminer s’ils sont liés à des escroqueries.
  • N’acceptez pas les chèques de personnes ou d’entités que vous ne connaissez pas. Ce mode de paiement est très peu utilisé en dehors de la France, notamment parce qu’il sert fréquemment de support à différents types de fraudes. Par mesure de précaution, n’hésitez pas à demander un acompte ou un paiement d’avance (mais pas par chèque !).

 

Cette liste est malheureusement loin d’être exhaustive et les escrocs savent faire preuve de créativité. Restez donc vigilants et n’hésitez pas à partager votre expérience si vous avez été victime ou témoin de pratiques frauduleuses visant les traducteurs.

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De la nécessité des erreurs

Nathaniel Hiroz

Parmi toutes les absurdités de notre système éducatif, il en est une qui m’exaspère particulièrement et dont j’aimerais traiter dans le présent article : la haine des erreurs.

Le système tout entier est fondé sur le rapport à la faute. Des tests sont créés, des évaluations mises au point, afin de perpétuer le sport favori du monde de l’école : la chasse aux erreurs. Celles-ci sont traquées, débusquées et jovialement marquées du sceau de la honte, à coups de stylo rouge. Les points sont attribués, les élèves jugés et classés, les futurs définis, dans une société qui ne sait fonctionner qu’à l’aune des concours et des diplômes.

Je n’irai pas par quatre chemins : ceci est le rapport aux erreurs le plus stupide qui se puisse concevoir. Voici pourquoi : les erreurs ne sont pas seulement inévitables, elles sont nécessaires et souhaitables. Réfléchissez à votre propre expérience : vous avez sans doute appris tout autant, sinon plus, de vos échecs que de vos succès. Concentrons-nous cependant ici sur le sujet qui nous intéresse en particulier : l’apprentissage des langues.

La réalité linguistique

Dans le contexte des langues, s’il est possible d’opérer avec un tel paradigme, basé sur l’aversion et la punition des erreurs, c’est que le système éducatif est déconnecté de la réalité linguistique. Notre système scolaire occulte totalement ce qui constitue l’essence des langues. Celles-ci sont avant tout des moyens de communication entre êtres humains. Elles permettent à plus de 7 milliards de personnes d’échanger des informations, de raconter des histoires, de vendre et d’acheter des biens, de déclarer la guerre ou de déclarer leur flamme.

Que reste-t-il de tout cela dans le monde de l’école et des classes de langues ? Dans ce petit univers cloîtré, les langues, comme les autres matières, sont réduites à l’état d’objets d’étude abstraits, virtuels. Comme à une plante dont on a arraché les membres pour les coller dans un herbier, il reste bien peu de ce qui fait la vitalité des langues, de ce qui constitue cette dimension fondamentale de communication et d’expression.

Est-ce que ces milliards d’humains seront outrés si vous conjuguez mal un verbe ou déclinez de manière erronée un adjectif ? Seront-ils scandalisés par votre vocabulaire limité ? Eh bien non, quoi qu’en pense l’école. Dans le monde réel, les gens se fichent pas mal de vos conjugaisons approximatives, de votre syntaxe hésitante, de votre confusion entre masculin, féminin et neutre. Ils seront surtout et avant tout contents que vous ayez fait l’effort d’apprendre un peu de leur langue et que vous ayez tenté de vous exprimer dans celle-ci plutôt qu’en français (ou en anglais).

Des mésaventures amusantes

Parfois les erreurs ont pour résultat de donner à vos mots une signification toute différente de celle escomptée, créant des situations cocasses. Jugez plutôt : du temps où j’apprenais le suédois, je rencontrais chaque semaine une jeune femme suédophone pour faire un tandem. Il existe dans cette langue scandinave deux verbes très similaires pour une oreille de francophone : fika et ficka. Le premier signifie plus ou moins « prendre un café ». Le second renvoie à une intimité physique intense et relève d’un registre vulgaire (en d’autres termes, le mot se traduirait par « baiser » en français). Ils se distinguent essentiellement par la longueur de la première voyelle et de la consonne la suivant. J’eus un jour la bonne idée de proposer à ma partenaire linguistique d’aller boire un café. Mais ma voyelle était un peu trop courte, ma consonne un peu trop longue. Je n’ai jamais vu une personne aussi perturbée par une invitation à aller prendre un café.

Un ami brésilien en visite en Allemagne et faisant l’effort de parler allemand se trouva un jour pris d’un besoin naturel dans un restaurant. Apostrophant poliment une serveuse pour lui demander s’il pouvait die Toilette benutzen (« utiliser les toilettes »), il se trompa et utilisa le verbe putzen (« nettoyer ») à la place debenutzen. Cette serveuse fut sans doute très touchée par la serviabilité de mon ami.

Ce ne sont que deux exemples parmi toutes les situations comiques que vivent quotidiennement les apprenants de langues. Est-ce que le monde s’arrête de tourner chaque fois que quelqu’un prononce mal un mot ou confond deux verbes ? Est-ce que ma partenaire linguistique a mis fin à nos échanges et a déposé plainte pour harcèlement sexuel ? Mon ami brésilien s’est-il vu obligé de récurer les toilettes de ce restaurant allemand, sous les moqueries des clients et du personnel ? En fait, non. Après quelques instants de gêne, des explications et des rires partagés, la vie continue, une nouvelle anecdote amusante en poche.

Erreurs et développement personnel

Une des conséquences de la phobie des erreurs est que bien des apprenants attendent patiemment le jour où leur sera offerte, des cieux, une permission de parler, le jour où ils seront « assez bons ». J’ai une mauvaise nouvelle pour ces gens : ce jour n’arrivera jamais. Vous ne serez jamais « assez bon-ne » pour commencer à parler. Personne ne l’est. La première fois où vous ouvrirez votre bouche pour parler la langue que vous apprenez, que vous ayez étudié celle-ci pendant un jour, un mois ou une décennie, vous aurez de la peine. Vous hésiterez, vous ferez des erreurs, vous vous sentirez certainement bête. Et tout ceci est normal.

Comme je le répète régulièrement, le principal défi auquel sont confrontés les apprenants de langues n’est pas la grammaire, la prononciation ou un nouvel alphabet. Il ne s’agit pas de la mémorisation de milliers de mots, des conjugaisons et déclinaisons irrégulières, aussi complexe que puisse paraître cette tâche. La véritable difficulté, c’est d’être prêt à faire des erreurs et à s’exposer à un sentiment d’imperfection et de vulnérabilité.

À travers l’apprentissage d’une langue, vous serez inévitablement confronté(e) à certaines peurs. Peur de faire des erreurs, peur du ridicule, peur de parler avec des inconnus, peur de perdre contrôle et d’être en situation de faiblesse. C’est pour cela que l’apprentissage des langues est un fabuleux outil de développement personnel. En faisant l’effort de parler dans une nouvelle langue, en vous plaçant volontairement dans des situations pas toujours agréables, et en continuant à avancer malgré les erreurs, ou plutôt grâce aux erreurs, vous développerez de nombreux aspects de votre personnalité. Vous en sortirez grandi(e), et pas seulement à un niveau linguistique.

Avez-vous peur des erreurs ? Avez-vous déjà vécu des situations cocasses en raison d’une confusion linguistique ? Avez-vous constaté des changements positifs dans votre personnalité grâce à votre apprentissage d’une langue ? Partagez avec nous vos expériences dans les commentaires !

Apprendre une langue quand il fait chaud (sans vivre au pôle Nord)

Depuis le début de l’été, les médias ne parlent que d’une chose : la chaleur.

Difficile d’y échapper, à moins de vivre dans un pays nordique (et encore). Voici donc quelques conseils de bon sens pour vous aider à continuer à progresser même quand le mercure grimpe et quand vous n’avez aucune énergie.

Pour que vos progrès ne fondent pas pendant l’été

Source

Gare au choc culturel : une langue, ce n’est pas que de la grammaire

Je vous souhaite la bienvenue dans la onzième édition du carnaval d’articles « Des blogs et des langues », hébergé par Chloé Donin du blog Mordus d’Italie. La problématique de ce mois : le lien qui existe entre une langue et une culture. Il s’agit d’un sujet à mon sens essentiel, donc j’ai accepté avec plaisir de me fendre d’une vidéo sur ce thème. [Monde des Langues]

Cette vidéo a été réalisée dans le cadre de l’événement « Des blogs et des langues », sur le thème « Pourquoi la culture et la langue d’un pays sont deux éléments étroitement liés ? ». Retrouvez tous les autres blogueurs ayant partagé leur point de vue sur le blog de Chloé Donin en cliquant sur Mordus d’Italie.

Le lien étroit entre langue et culture

Pour plus de réflexion sur la communication interculturelle, rendez-vous sur la chaîne.

Les autres participations au carnaval de juillet

Pour voir les articles et vidéos des autres participants sur le thème « Langue et culture », cliquez ici.

Pour voir la vidéo que j’avais réalisé lors de ma précédente participation, c’est ici.

Vous pouvez également retrouver mon entretien avec Chloé, avec ses conseils pour apprendre l’italien, dans cette vidéo.

Vu d’Espagne. La guerre française contre le tilde

Utilisé en breton et en basque, le tilde est un signe diacritique interdit par l’administration française. Une situation qui se traduit par des batailles juridiques en France et qui étonne en Espagne.

FañchIñaki, Begoña, Íñigo ou encore Peña : “Aucun de ces prénoms ne peut être inscrit dans les registres de l’état civil français”, souligne El Periódico de Catalunya.Depuis Barcelone, le quotidien espagnol raconte comment “la France décapite le ñ” en menant la guerre au tilde, ce signe orthographique présent notamment dans les langues basque et bretonne.

“Cette information est si surréaliste que l’on croirait à une fake news”, estime le journal. Et pourtant, le tilde, considéré comme un signe diacritique étranger, est bien interdit dans l’administration française, comme le décrète une circulaire du 23 juillet 2014. Un règlement qui étonne de l’autre côté des Pyrénées, où les langues régionales sont reconnues et enseignées, y compris dans les établissements publics, et où le tilde est utilisé couramment. “Avec l’objectif de promouvoir une identité nationale uniforme, le français est la seule langue reconnue officiellement par la Constitution”, rappelle El Periódico de Catalunya.

Pas de minorités dans la République

“À long terme, cette contrainte linguistique pourrait se traduire par une disparition des langues régionales”, avance le quotidien barcelonais. Mais si la publication évoque ce sujet, c’est qu’“à court terme, il se manifeste par de petites batailles juridiques qui incarnent les conséquences du rejet des traditions”. Ainsi, en septembre 2017, le petit Fañch a vu son prénom rejeté par le tribunal de Quimper en raison du tilde. Ses parents ont interjeté appel, et le procès aura lieu à Rennes le 8 octobre.

“En dépit des apparences, il ne s’agit pas d’un cas isolé ou d’un petit détail sans importance”, écrit le quotidien espagnol. “L’entêtement pour imposer le français comme langue unique est tel que la France a émis une réserve en ratifiant la Convention sur les droits de l’enfance [en 1990]”, indiquant que l’article 30 de la Convention, relatif aux droits culturels, religieux et linguistiques des minorités, n’avait pas lieu de s’appliquer dans l’Hexagone : “La France considère que, sur le territoire de la République, il n’existe pas de minorités, qu’elles soient culturelles ou linguistiques”, indique El Periódico de Catalunya.