LES ALÉAS DU MÉTIER: JOURNAL D’UN GÂCHIS

Le métier de traducteur réserve des surprises, parfois très mauvaises, comme celle de trouver dans le livre imprimé des erreurs que vous n’aviez pas commises. Vous avez rendu ce que vous preniez pour la version finale, prête à l’impression, par laquelle vous engagez votre nom – Dominique Vitalyos, traductrice littéraire, spécialiste du domaine indien – et votre réputation – jusqu’ici sans tache notable (pour ce que j’en sais) – et on intervient en y intégrant des suggestions qui n’ont ni queue ni tête, puis on publie. Vous auriez dû, bien entendu, en prendre connaissance afin de pouvoir les rejeter, mais on ne vous les a jamais présentées.

 

Vous restez avec un sentiment d’effraction, de sabotage, de diffamation (on vous a fait signer des énoncés incorrects que vous n’avez pas écrits) et d’injustice. Le tort n’est pas réparable et c’est tant pis pour vous. Certains vous reprochent même le ton que vous employez pour déplorer ce qui s’est produit, bien que vous vous exprimiez contre le procédé, avec une chaude colère, certes, mais non contre les personnes, envers lesquelles vous ne nourrissez aucune hostilité particulière. On vous comprend, dit-on, mais chez certains, le cœur n’y est pas. Pure formalité.

 

Alors vous vous dites : pas question de laisser penser sans rien faire que je suis l’autrice de ces inepties. Je dois au moins me dégager publiquement de la responsabilité qui pèse à tort sur moi, car personne ne se remettra publiquement en cause pour me défendre. Et vous le faites dans votre blog, dans l’espoir conjoint que la relation de ce regrettable épisode incitera plus que jamais les traducteurs littéraires à demander des garanties d’accès à toutes les données suggérant des modifications qui précèdent l’impression.

 

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Sur un mur de Varanasi (Bénarès), 1984  ©D. Vitalyos

 

Qu’il soit donc entendu que dans Bollywood Apocalypse, de Manil Suri, publié par les éditions Albin Michel, je n’ai pas écrit:

 

p. 11:

rayer Bombay et nous tuer tous”

mais

rayer Bombay (et tous ses habitants) de la surface de la terre” (en français, on raye un lieu de son contexte, la carte, la terre, le monde; on ne la raye pas comme une dette; on la rase, tout court, par contre, mais c’est autre chose).

P. 14,

il faut avoir une idée un peu spéciale, en tout cas tout à fait hors contexte, du français pour prétendre corriger  : “le vol ne paie pas” (sur le modèle du crime) en “le vol ça ne paie pas”.

p. 60

(les personnages se trouvent dans un hôtel kitsch dont chaque salle est décorée en fonction d’un thème de l’histoire indienne vue par les nationalistes). À la ligne 28, j’ai écrit:

… le thème de la Vallée de l’Indus tel qu’il était développé au 3000 av. J.-C. (la discothèque du sous-sol)

et non pas:

…. le thème de la Vallée de l’Indus tel qu’il était développé trois mille ans avant J.-C. (la discothèque du sol),

ce qui ne veut strictement rien dire et constitue un contresens grotesque. Deux sous de jugeote et de questionnement (pourquoi la traductrice a-t-elle écrit “au”? Pourquoi la parenthèse?), et il devenait évident que 3000 av. J.-C. était le nom de ladite discothèque. Mais penser qu’elle ne connaît pas le français (au trois mille ans…), c’est beaucoup plus rapide, et pourquoi perdrait-on du temps à se demander si, déjà à son époque, en dépit de sa grande modernité, la Vallée de l’Indus était assimilable à un “thème”…???)

p. 158 :
“censé …m’emplir le cœur” devient “censé… de m’emplir le cœur”
p. 187:
on écrit pizzeria et non pizzéria dans ma culture comme dans celle du Grand Robert.
p. 200:
on écrit “il caquète” et non “il caquette” dans ma culture comme dans celle du Grand Robert (et de Grevisse, voir 761a). Caqueter fait partie des verbes (en e muet + consonne simple à l’infinitif) qui se conjuguent sur le modèle d’acheter (è + consonne finale simple: j’achète, je pèle, je caquète), en compagnie de nombreux autres. Seuls échappent à la règle les verbes appeler (appelle), jeter (jette) et leurs dérivés.
À suivre. À ce stade de la lecture de Bollywood Apocalypse, et à défaut d’avoir consulté mon blog, on doit déjà penser que le français n’est pas ma langue maternelle.
Le point sur la question:
J’ai terminé ma lecture et envoyé la liste à l’éditeur: en tout dix erreurs, imputables à un processus défectueux qui m’a interdit la consultation de suggestions (1) et de corrections (2) défectueuses, devenues de ce fait des dégradations imposées. Dégrader un texte n’est certes ni la mission ni l’objectif des éditeurs, mais le résultat est le même.
– Deux impropriétés (rayer Bombay, le vol ça ne paie pas),
– Un contresens (trois mille ans avant J.-C.),
– Une faute de construction (censé de),
– Une conjugaison fautive (caquette au lieu de caquète)
plus tout un saupoudrage de modifications erronées concernant les pluriels:
– “des première classe”, invariable quand est sous-entendu “sièges de”, est devenu “des premières classes” (p. 277), comme s’il y en avait plusieurs, la 1, la 2, la 3…
– À deux reprises (p. 106 et p. 430), le passage en italique du motasana – parce qu’on ne le trouve pas dans le dictionnaire français (modification justifiée que j’aurais validée) – s’accompagne de la préservation du s du pluriel français alors que la convention retenue est que les mots de langues indiennes restent invariables puisqu’ils ne connaissent pas le s pluriel,
– un poisson assez gros pour qu’on garde le partitif ((du) pomfretcroustillant) a hérité d’un pluriel (croustillants) (p. 84);
– une lettre manquante (un t p. 432, ligne 30).
Pour le moment, on ne m’a proposé qu’un rétablissement de mes choix dans l’hypothèse très incertaine d’une réimpression. Mais le mal est fait, bien sûr, et encore faudrait-il que le livre ait du succès…

J’ai demandé s’il était possible d’éditer une feuille recensant les erreurs  à glisser dans les exemplaires en stock.

 

À suivre

LA TRADUCCIÓN JURÍDICA Y EL PROBLEMA DE LOS DICCIONARIOS

¿Te has planteado alguna vez lo difícil que es encontrar los equivalentes de algunos conceptos jurídicos anglosajones? ¿Has tratado de buscar en un diccionario y la respuesta ha sido decepcionante? No es nada raro. Los diccionarios no tienen todas las respuestas. En esta entrada te explicamos por qué.

Hace unos meses asistimos a un congreso de traducción jurídica.

Una de las ponencias más interesantes estuvo a cargo de los autores de dos diccionarios jurídicos bilingües.

Y su intervención comenzó con esta sorprendente y reveladora cita.

Que podría traducirse (libremente) por:

La traducción jurídica es un campo en el que los diccionarios tienen una utilidad limitada. De hecho, en algunas ocasiones pueden resultar francamente engañosos. La razón es que los diccionarios tratan de ofrecer como traducción un equivalente directo y muy raras veces, si es que lo hacen, aportan una explicación de la traducción.

La cita es de Walter Cairns y Robert McKeon, y aparece en su libro Introduction to French Law. No hemos podido leer todavía ese libro, pero, a juzgar por la clarividencia de sus autores, tiene que ser un gran libro.

Es posible que se pueda decir más alto, pero no es posible decirlo más claro.

Se trata de un problema al que nos enfrentamos todos los traductores jurídicos antes o después.

Qué pasa con los diccionarios

A nosotros nos gusta decir que los diccionarios no tienen todas las respuestas. Aunque pensemos que sí. Con frecuencia los traductores y los juristas acudimos a ellos desesperados buscando el equivalente preciso de un término que acabamos de descubrir.

Y, claro, no lo encontramos.

Ya sean diccionarios en papel o en línea, la mayoría de ellos ofrecen muy poco contexto y muy pocas opciones para traducir determinados términos, al menos los diccionarios jurídicos bilingües que nosotros conocemos.

Estos recursos están bien para entender el significado de palabras sencillas, unívocas o muy consolidadas. Pero no suelen ser útiles en lo que se refiere a términos polisémicos y que se emplean de forma diferentes en distintos campos del Derecho (cosa, por otra parte, bastante habitual).

Tal vez por esto los diccionarios tradicionales tienen cada vez menos sentido.

La falta de equivalencia de los sistemas jurídicos

¿Por qué pasa esto especialmente en el campo de la traducción jurídica?

Si bien es cierto que cada campo del saber tiene su propia complejidad, también lo es que muchos campos técnicos solo presentan diferencias terminológicas al pasar de un idioma a otro. Dicho con un ejemplo: un engranaje es un engranaje, en los Estados Unidos, en Japón o en Argentina. Solo es necesario encontrar el término equivalente en cada lengua.

Con la traducción jurídica, sin embargo, pasa algo diferente. Los traductores y los juristas nos enfrentamos a una dificultad añadida y, es que, cada país tiene su propio sistema de leyes que responden, además, a su propia tradición jurídica (también llamadas «familias del Derecho»).

Cada tradición ha evolucionado, normalmente, de una forma distinta y ha dado lugar a una serie de conceptos y palabras que le son propias y que, en bastantes ocasiones, no existen siquiera en otras tradiciones fuera de ella.

Por eso, los traductores jurídicos sentimos muchas veces que estamos comparando peras con manzanas. Nuestro trabajo no resulta nada sencillo.

Lo anterior no debe entenderse, ni mucho menos, como una queja. Al contrario. La dificultad resulta de lo más estimulante y nos permite investigar en Derecho comparado desde un punto de vista lingüístico y conceptual. De esa investigación salen la mayoría de los artículos que puedes encontrar en este blog.

El problema es que los diccionarios no pueden recoger en un espacio limitado la explicación detallada que merecerían la mayoría de sus entradas. Por ello, se limitan a ofrecer 3 o 4 posibles opciones sin aportar una explicación sobre cómo o cuándo emplearlas.

Primero entender, luego traducir

La traducción de textos jurídicos inglés-español se caracteriza por ser un claro ejemplo de lo que acabamos de comentar. Los documentos jurídicos redactados en inglés suelen pertenecer a la tradición jurídica denominada Common Law, mientras que los redactados en español corresponden a una tradición distinta denominada romanista o de Derecho romano-germánico.

Cuando tratamos de traducir un documento del inglés al español o viceversa, da igual la dirección, con frecuencia nos encontramos que no es posible trasladar un concepto de una lengua a la otra, pues sencillamente no existe.

A esa conclusión llegamos algunos, pero solo cuando entendemos bien de qué se está hablando en el documento. Pues, cuando no lo entendemos y elegimos al azar una de las 4 opciones que nos da el diccionario tenemos un 75 % de probabilidades de equivocarnos y solo un 25 % de elegir la correcta. Y ya sabemos lo que le gustan a Murphy estas situaciones.

La única manera de acertar, pues, es seguir estos dos pasos:

  • Primero, entender bien el concepto o los términos complejos a los que nos enfrentamos. Para eso hay que documentarse y estudiar bien los campos más importantes de la cultura jurídica de partida y de la cultura jurídica meta.
  • En segundo lugar, debes emplear algunas de las estrategias de traducción más habituales (extranjerizar, familiarizar, acudir a una traducción explicativa, u otras similares). En cada caso encontrarás que es posible emplear una combinación de varias de ellas.

Si eres jurista o traductor jurídico te recomendamos que no te la juegues. Consulta diferentes fuentes, documéntate bien, trata de entender primero el concepto que tienes entre manos y busca después la traducción más adecuada. Te adelantamos que muchas veces la perfección es imposible.

Le insidie della traduzione letterale

Quanto spesso ti è capitato di leggere un libro di un autore straniero? Lo leggi in versione originale o tradotto nella tua lingua madre?  Hai mai pensato a quante opere letterarie sarebbero sconosciute ai più senza il lavoro dei traduttori, che aprono a tutti il mondo virtuale creato dalle pagine dei libri? La traduzione letterale è un arte; essendo creatività, è del tutto incompatibile con il letteralismo.  Quindi che cosa accade? Il traduttore si trasforma improvvisamente in un vero e proprio scrittore, con il compito di riscrivere il libro daccapo per i lettori della sua lingua. Ovviamente, senza il ‘dono dello scrittore’, questo compito non risulta semplice. Ecco perché i traduttori considerano questo tipo di traduzione una delle più difficili della professione. Non può essere paragonata ad una traduzione per delle trattative d’affari, dove le frasi ufficiali devono dare l’informazione che l’altra persona si aspetta. È diversa dall’interpretariato, dove è importante rispondere rapidamente con delle parole esatte, ma dove l’armonia della frase è un fattore secondario.  La traduzione letterale, in qualunque lingua, deve preservare interamente l’atmosfera della storia e lo stile dell’autore.

A proposito, ci hai mai pensato? Ogni volta che hai espresso la tua ammirazione verso uno scrittore straniero, stavi in realtà elogiando le capacità del traduttore che ha reso il testo nella tua lingua. Rendere il testo fruibile e interessante, conservare lo stile originale e rispettare l’idea dell’autore fanno parte delle abilità del traduttore. Ogni traduttore deve padroneggiare la teoria e la pratica della traduzione letterale per tutta la vita. Non è un mistero il fatto che la traduzione letterale abbia differenti caratteristiche e che nasconda, ovviamente, molte insidie.  Per prima cosa, la totale assenza di letteralismo. Questo tipo di traduzione non deve essere letterale e non deve avvenire parola per parola. Questo fattore è  da sempre causa di disaccordo tra studiosi e traduttori.

In secondo luogo, la traduzione di aforismi e frasi idiomatiche.  Anche se quest’ aspetto è in realtà meno complicato di quanto possa sembrare a prima vista, richiede un vocabolario vasto e la disponibilità di un dizionario specializzato. Un’altra insidia è l’uso delle parole per creare umorismo. La presenza di umorismo o ironia nel testo di partenza rende il processo di traduzione molto più interessante. Il traduttore deve essere abile a mantenere il tono ironico voluto dall’autore. Infine, un’altra insidia è la conformità di stili, culture ed epoche. In questo caso, il traduttore letterario si trasforma in ricercatore. Tradurre un testo di un’epoca o di una cultura diversa può risultare difficile se si ha una scarsa familiarità con esse. Il discorso non cambia: un buon traduttore deve avere talento. Perchè, senza talento, non riuscirà mai a creare dei testi che suscitino piacere e meraviglia nei propri lettori.

Fonte: Articolo scritto da Arsenii Shack e pubblicato nell’ottobre 2015 sul Translation Journal

Traduzione a cura di:
Marco Liguori
Traduttore e Adattatore
Napoli

Breaking up with a client: how and when to cut the cord

Breaking up with clients–agencies or direct clients–is sometimes painful, but it’s a necessary part of a thriving freelance business: if a client treats you poorly, a breakup is a must. If you’re ready to move on to better-paying or more interesting work, a breakup may be in your best interest. Whatever the case, you want to think ahead of time about how to end the relationship in a way that leaves you feeling like you did the right thing. Let’s dig in.

When to cut things off right away
In some situations, you don’t want to worry about diplomacy or sugar-coating or not burning bridges: you just want the client out of your life. These include:

  • A client who does not pay you, or who unilaterally reduces your payment
  • A client who unfairly criticizes your work
  • A client who treats you in a way that feels abusive or harassing

In those cases, just cut the cord. “Effective immediately, please remove me from your roster of available freelancers. Please do not contact me for future assignments with your company. Thank you.” That’s it; you don’t need to say more than that.

When to give the client an ultimatum
In some situations, the client has just one problematic behavior. Perhaps they always pay in 60 days rather than 30. Perhaps they check in with you six times a day during a project. Perhaps they try to downwardly negotiate your rate when you’ve been firm about what your rate is. In those cases, it’s worth giving the client one more chance, but that chance must come in the form of an ultimatum that you are willing to stand by. Such as:

“Thank you for contacting me about this project. As I’ve mentioned before, your company has repeatedly paid me more than 30 days after the agreed-upon due date on my invoices. I value my relationship with you, but my payment terms are net 30, not net 60. I am willing to take on this project, but if I do not receive your payment within 30 days, I will not accept work from you in the future unless you pay in advance. Thank you.”

“Thank you for contacting me about this project. As we’ve discussed, my base rate is X cents per word. To save your time and mine, you don’t need to contact me for projects for which your budget is less than that amount. If this happens again, I will have to ask you to remove me from your roster of available freelancers. Thank you.”

“But they’re such nice people!” The worst reason for sticking with a client
If you, like me, have a bit of a doormat streak when it comes to breaking up with clients for purely economic reasons, stop what you’re doing and read this blog post by Carol Tice, on her blog Make a Living Writing (but it applies to translators too).

In this post, Carol mercilessly dissects the misplaced loyalty that a lot of freelancers have toward their clients–clients who don’t pay well, but are “such nice people.” She’s better at giving tough-love advice than I am, so I’ll quote her here:

“Don’t delude yourself that nice people who underpay you are still good clients. They’re not. They are sucking the life out of your business and putting your freelance writing business at risk of failure.”

That’s pretty blunt, but I agree: if you’re sticking with low-paying clients out of a sense of loyalty, you’re being loyal to the wrong side of the equation. You’re valuing your relationship with a low-paying client over your own financial security, your kids’ future, and your relationship with the people in your life who depend on you. That’s who you should really be loyal to–and that means working only with clients who will pay what you need or want to earn.

When to be eternally unavailable
Sometimes, breaking up with a client is unnecessary. In my experience the #1 reason that freelance translators or interpreters want to break up with a client is because they’ve moved on to work that pays better, is more interesting, or both. And that’s what should be happening over the lifecycle of your freelance business.

Before you write the breakup e-mail, as yourself if it’s necessary. With a direct client, it may be; most direct clients are not going to wait for you to turn them down 15 times before they find another translator. With agency clients, you may be able to just dodge their inquiries–or only accept their projects once in a while–while keeping the door open to working with them if you have a slow period or lose a major client. As an example, I know at least two translators who have taken in-house assignments that kept them busy full-time for six months or more. They decided that rather than burn bridges with their agency clients, they would simply respond, “Thanks for contacting me about this project; unfortunately I’m not available, but please keep me on your list!” And it worked; those agency clients enthusiastically sent work once those translators were available again. The same technique would probably not work with direct clients, but agencies (hopefully) have other translators to choose from.

Unilateral rate raises: make sure you mean it 
Another situation that falls on the spectrum of client breakups is unilateral rate raises; when you inform a client, “As of January 1, my base rate will increase to X.” This is a fine–if abrupt–technique, as long as you mean it. As long as you are willing to stop working with the client if they won’t agree to the increased rate.

Problems arise when you backpedal. Let’s say the client responds, “Thanks for letting us know. That’s outside our budget for your language pair, so we won’t be able to work with you anymore. Just let us know if you change your mind.” That’s not at all out of the question, so envision that situation before you send the e-mail. The issue is that if you backpedal, the client knows that you were bluffing all along; it’s completely legitimate to tell a client that you are busy all the time at your increased rate, so you won’t have room for them in your schedule if they can’t pay more. But you really don’t want to pull a “just kidding” with a client once you’ve put a higher rate out there.

Annoyance fees: also worth considering 
Another common situation is high-maintenance clients–clients who pay well and pay on time, but who take up a disproportionate amount of your time with phone calls and e-mails and special requests that exceed the bounds of what would normally be expected in a freelancer-client relationship. If you hate working with these types of clients, don’t do it. Life is too short and your time is too limited to work with clients who cause you to cringe every time their number pops up on your caller ID. However, another option, particularly with direct clients, is to find a way to charge the client enough that the annoyance is worthwhile.

I speak from personal experience when I say that this technique can work with clients whose budgets are ample and whose need for personal attention is high. For example, you might tell the client that your rate includes one five-minute phone call per day, and all additional phone calls will be billed at your regular hourly rate, in 15-minute increments. If you read this and think, “My clients would never, in a million years, agree to that,” I say, simply, “Try it.” If your direct clients work with attorneys or accountants or auditors, those people do not sit on the phone for 45 minutes without charging for it, and neither should you.

Readers, over to you: have you broken up with a client recently? Let us know how it went!

By Corinne McKay

Françoise Brun, une grande dame des lettres italiennes en français

Françoise Brun est une des grandes traductrices de l’italien et c’est plus de 130 œuvres traduites qui jalonnent sa carrière, de Baricco à Loy en passant par Agus et Sorrentino. Signe de ce labeur soutenu au fil des ans, elle a reçu en 2011 à l’unanimité le Grand Prix de Traduction de la Société des Gens de Lettres, une belle récompense pour le travail d’une vie.

Curieuse d’en apprendre davantage, je l’ai donc soumise au feu brûlant de mes questions…

L’interview est longue et dense, mais passionnante !

1-Françoise, la carrière de traductrice littéraire était-elle celle que vous aviez choisie lorsque vous vous êtes lancée dans des études de lettres modernes (romanes pour les Belges) et d’italien ? Je crois savoir que non… Pourquoi cette bifurcation ?

Quand j’ai entrepris des études littéraires, c’était par goût. Depuis longtemps la littérature, la langue, l’écriture, le style étaient ce qui me passionnait. Le seul avenir professionnel possible me paraissait alors l’enseignement. Par conformisme familial, sans doute, parents profs, oncle, tante, grands-parents et arrière grands-parents « hussards de la République »… Je n’imaginais qu’un métier-prétexte et une vie consacrée à l’écriture sous toutes ses formes. Les expériences d’enseignement que j’ai faites ensuite m’ont amusée quand il s’agissait de remplacements courts, mais ennuyée et déprimée quand c’est devenu du plus long terme. J’ai toujours eu du mal avec les cadres, les horaires, les relations avec les collègues : ce n’était pas mon monde, c’était celui de mes parents, celui dont je voulais m’échapper.

Et puis, à 25 ans, le hasard : à Venise, une amie française qui arrondissaitimages-2 ses fins de mois en traduisant des articles d’historiens de l’architecture (Venise était alors un pôle dans ce domaine de la recherche) me demande mon aide pour la traduction d’un article. L’auteur était Manfredo Tafuri, le plus difficile d’entre eux. J’accepte, par amitié. Après tout, j’avais aussi une licence d’italien.

Je revois la table où j’ai travaillé, la lumière de l’après-midi, ma joie. Quelque chose me portait, me soulevait de terre. J’ai compris que traduire pour des gens n’avait rien à voir avec l’exercice de la version telle qu’on la pratique scolairement, qu’il y avait une dimension supplémentaire : faire passer dans sa propre langue les idées et la parole d’un autre. Faire que de l’autre côté des Alpes sa pensée existe aussi. Cette dimension de « passeur », devenue aujourd’hui un cliché, je ne l’avais jamais imaginée. Je traduisais pour des gens, inconnus de moi mais qui, grâce à ce travail solitaire, à ce face-à-face avec un texte et la petite machine à écrire rouge Valentina de mon amie, connaîtraient la pensée de Manfredo Tafuri en lisant non pas un essai sur lui mais sa pensée, directement.

Cet après-midi a été certainement le plus important de mon existence : le bonheur ressenti, la sensation d’être enfin à ma place et d’y être utile m’ont transportée. J’ai pensé : si je peux faire ça toute ma vie, à la fin j’aurai eu une belle vie. Ça n’avait guère de sens concret car à l’époque, les métiers de la traduction n’étaient pas ce qu’ils sont devenus : on n’en parlait jamais, il n’y avait pas de statut du traducteur et on n’enseignait pas la traduction à l’université. Je ne savais pas si c’était un métier, mais j’ai décidé que c’en serait un et que je ferais tout pour en vivre.

Unknown-5Une année plus tard, un éditeur français me demandait de traduire un livre entier de Manfredo Tafuri, puis un autre me demandait de traduire un autre très grand nom de l’architecture, Aldo Rossi. Les livres ensuite se sont enchaînés, toujours dans ce domaine de l’histoire de l’art et de l’architecture, parce que je ne me sentais pas prête pour traduire de la littérature. J’écrivais déjà à l’époque, et je craignais, traduisant de la littérature, de plaquer mon écriture sur celle des autres, de déformer l’écriture de l’autre pour coller la mienne à la place.

Le « saut » dans la littérature, je l’ai fait dix ans plus tard, quand je me suis sentie prête.

2-Avez-vous réussi à gagner votre vie grâce à cette seule traduction, et quel bilan dressez-vous maintenant que vous êtes en fin de carrière (si tant est qu’un traducteur littéraire prenne jamais sa retraite) ?

Non, certainement pas. Je ne traduisais pas assez pour gagner vraiment de quoi vivre et j’ai fait toute sorte de petits boulots, secrétariat, serveuse de bar ou de restaurant, livreuse de journaux… ce fut une période difficile, où j’essayais de ne pas perdre de vue mon objectif : apprendre à écrire. L’avantage de la traduction d’architecture, c’est qu’elle était à l’époque considérée comme traduction « spécialisée », donc nettement mieux payée que la traduction de littérature.

Quand j’ai décidé de faire du littéraire, je gagnais un peu moins au feuilletimages-3 mais je travaillais plus, ce qui compensait. Et en quatre ou cinq ans j’ai pu en vivre correctement. Sauf que très vite je n’ai plus eu de temps ni de disponibilité mentale pour écrire comme avant… C’est un douloureux dilemme : traduire ET écrire est devenu traduire OU écrire. Les deux simultanément, ça m’est en général impossible.

Quant à la retraite, je n’y pense pas. Je me vois traduire jusqu’à mon dernier souffle, comme écrire. C’est ma vie. Il n’y a pas de retraite de la vie.

3-Avez-vous observé une évolution (bonne ou mauvaise) du métier au fil des ans ? En anglais, par exemple, les conditions de travail se sont fortement détériorées et les rémunérations patinent.

UnknownSi l’on pense que j’ai commencé au milieu des années 70, je crois qu’on peut parler d’une nette amélioration. Cette profession alors n’était ni codifiée ni reconnue. J’ai eu la chance de commencer au moment où commençaient aussi les luttes des traducteurs pour une meilleure visibilité : il y a eu l’ATLF, il y a eu les Assises d’Arles que nous avons fondées avec ATLAS, puis, dans les années Mitterrand s’est faite une ouverture extraordinaire avec l’arrivée alors de Jean Gattégno au Centre National du Livre. Peu à peu notre profession est devenue visible, peu à peu les éditeurs ont appris à compter avec nous et commencé à mieux respecter la profession. C’est le résultat d’une lutte acharnée des traducteurs, qui a correspondu à une prise de conscience dans le public. Cette lutte-là ne s’arrêtera jamais, dernièrement nous avons eu encore de grandes avancées, sur la reddition des comptes, sur la rédaction d’un nouveau Code des Usages co-signé avec le Syndicat national de l’édition.

Mais il est vrai que sur le plan des rémunérations les avancées ne se sont pas faites. Je gagne moins aujourd’hui au feuillet qu’il y a dix ans, et je ne pense pas être la seule. Le monde de l’édition aussi a bien changé en trente-quarante ans. Certains disent que l’édition d’autrefois est morte. J’avoue le penser souvent.

4-Pourriez-vous nous décrire une journée type lorsque vous traduisez ?

Il n’y en a pas. Je traduis en apnée. Autrefois, je travaillais la nuit, parce queimages-5 j’ai toujours aimé vivre la nuit. Maintenant, les choses se sont inversées et la nuit, je dors. C’est une chose nouvelle, je ne sais pas combien de temps cela durera.

Mais jour ou nuit, je travaille huit à dix heures par jour, comme en ce moment. Il y a des jours, parfois plusieurs d’affilée, où je ne travaille pas, et ce sont comme des vacances, quand je parviens à les prendre comme telles et non à culpabiliser de ne pas traduire. Parallèlement, en vacances, j’emporte toujours ma traduction. Donc on pourrait dire que je traduis tout le temps, quand je le peux.

5-J’ai lu dans d’autres interviews que vous pratiquiez la méthode des codes couleurs, effectivement fort efficace. Mais que se passe-t-il ensuite ? Combien de fois relisez/retravaillez-vous un texte, par exemple ? Avez-vous le temps de laisser décanter avant l’envoi à l’éditeur ?

images-1Oui, je surligne en rose ce qui est une grosse difficulté dont je sais que je ne pourrai la résoudre qu’avec le temps, ou en faisant appel à l’auteur, ou à quelqu’un d’autre : généralement ces difficultés ne se résolvent qu’à la discussion avec l’éditeur… ou pas, ou mal. En jaune, je surligne les difficultés mineures, que je sais pouvoir résoudre, ou que j’ai résolues mais qui peuvent être résolues de meilleure façon. Et je surligne en vert ce que j’ai été obligée de changer, soit dans la syntaxe, soit dans la nuance. Je reporte ce même code sur le tapuscrit. Cela me permet, à la relecture, la première, celle du lendemain ou de la semaine, les autres, la relecture finale, puis les épreuves, de savoir toujours où j’en suis par rapport au texte d’origine. C’est la fidélité, dans la lettre comme dans l’esprit, que je cherche, déontologiquement. En même temps je note sur l’original les mots qui reviennent d’une page à l’autre, afin de veiller à les traduire autant que faire se peut par le même mot, ce qui n’est pas toujours possible. Mais au moins, je sais quand je m’en suis écartée et pourquoi.

Quant à la décantation, on manque toujours de temps pour la faire vraiment, et elle se fait parfois seulement entre la remise du texte à l’éditeur et la correction des épreuves. D’ailleurs, il vaut mieux parfois ne pas trop laisser décanter : il m’est arrivé de corriger les épreuves d’un texte une année après l’avoir remis, et la quantité de choses que je voulais changer était telle qu’il a fallu faire un jeu supplémentaire d’épreuves… J’ai remarqué aussi souvent qu’entre mon premier jet et le jet définitif il n’y a aucune vraie différence, mais entre-temps je suis passée par dix versions différentes de la même phrase. Autrement dit, je devrais apprendre à me faire un peu plus confiance.

6-Avez-vous des préceptes de traduction et, pourquoi pas, un modèle de traduction ?

J’ai un principe en tout cas : le rythme, respecter le rythme. Cela veut dire la syntaxe, mais aussi les sonorités. Dans le passage de l’italien au français, la syntaxe n’est pas toujours facile à respecter : l’italien pratique volontiers l’inversion, en plaçant le complément avant le verbe, ou bien utilise beaucoup le gérondif, dont la valeur verbale active est plus forte, alors qu’en français un gérondif plombe une phrase. C’est un truisme de le dire, mais la musique italienne et la musique française n’ont pas les mêmes points d’appui dans la phrase. En français le moteur est le verbe, pas en italien. Une autre difficulté est le nombre considérable d’homophones que nous avons en français, quand l’italien, lui, n’en connaît, je crois, qu’une dizaine. En français, le « non-dupe erre » se dit à peu près pareil que « le nom du Père », comme Lacan aimait à le souligner. Et puis la phrase française est techniquement plus chargée : nous avons besoin des pronoms personnels et des articles définis et indéfinis pour savoir de quoi ou qui on parle, et combien ils ou elles sont. L’italien s’en passe allègrement car la marque du pluriel et du masculin-féminin est déjà dans la terminaison du mot. De même, il n’est pas rare qu’on ait besoin en français d’une proposition relative, là où l’italien s’en passe.

Pour résumer, je me fixe deux objectifs face à une phrase :

– respecter le rythme, parce que je pense que le rythme est la vraieimages-6 expression de la vérité d’un auteur, de son authenticité. Le rythme ne ment pas. Et quand il n’y a pas de rythme, il n’y a rien. Juste des mots à la suite les uns des autres. Il faut que la phrase française aille à la bonne vitesse, celle de l’auteur, avec ses accélérations, ses ralentis, ses ellipses, ses non-dits, ses coups d’éclat, ses ambiguïtés.

– lire à haute voix, ne serait-ce que dans ma tête. À la fois pour écouter le bruit que ça fait, et sa coïncidence ou non avec la phrase de l’auteur. Mais aussi pour éliminer tout doute d’un auditeur sur le sens. C’est la question des homophones. Un jour, j’ai entendu lire à la radio une phrase d’une de mes traductions et j’ai compris d’où elle tirait sa force, cette phrase-là : elle était claire, elle donnait au bon moment l’information nécessaire au lecteur. Ça s’était fait par hasard pour moi, mais depuis je veille attentivement à cela : que ma phrase puisse être entendue et comprise par un auditeur qui n’a pas le texte sous les yeux, plus que par un lecteur.

Quant aux sonorités, j’ai la chance de voir la « couleur » des mots quand je les lis. Les consonnes sont en gris mais les voyelles ont pour moi chacune une couleur bien nette. C’est comme dans le poème « Voyelles » de Rimbaud, sauf que pour moi le A est rouge, le E est bleu, le I est vert, le O est blanc-bleuté et le U est jaune. Il paraît que certaines personnes ressentent la même chose pour les notes de musique. C’est un processus complètement inconscient, peut-être un défaut de mes neurones, mais je m’en sers en traduction, pour « peser » la couleur d’une phrase.

7-Laquelle de vos traductions préférez-vous (si tant est qu’il soit possible d’effectuer ce genre de choix) et pour quelles raisons ?

C’est à peu près impossible de répondre à une telle question ! D’abord parce que chacune de mes traductions a été, même pour les traductions alimentaires, une aventure en soi, un voyage dans un univers. Comment choisir ? Et puis chacune se rappelle à moi, quand j’y pense, plutôt pour ses erreurs ou ses imperfections ou ses manques que pour ses réussites.

8-Vous avez traduit des auteurs connus et d’autres qui le sont moins. Lequel aimeriez-vous sortir de l’ombre pour nous aujourd’hui ?

Unknown-6J’ai une tendresse particulière pour le seul livre que j’aie traduit d’un auteur mort : Le Navigateur du déluge, de Mario Brelich (chez Liana Levi). C’est une réécriture à la fois désopilante et profonde, très « Mitteleuropa », de l’épisode de Noé constructeur de l’Arche. C’est un texte d’une grande finesse et humanité, et j’ai été désolée qu’il passe presque inaperçu (même si j’avais été invitée à en parler pendant une heure sur France Culture à sa parution).

9-Vous êtes « la » traductrice de Baricco, si je ne m’abuse. Quelles difficultés particulières y a-t-il à traduire ses livres ? J’avoue avoir été émerveillée par votre traduction de Soie, au point que j’ai peu lu d’autres livres de lui, de peur qu’il ne me déçoive…

Je ne suis pas « la » traductrice de Baricco, il y en a eu et il y en auraUnknown-7d’autres. Je suis seulement la première, la traductrice historique, je dirais. Lorsque son premier roman, Castelli di rabbia (Châteaux de la colère en français), est sorti, en 1991, j’ai eu comme un électrochoc : cette écriture était exactement celle que j’attendais, d’une certaine façon. Cette inventivité, cette jubilation. Et j’ai pensé tout de suite que si moi, je l’attendais, d’autres l’attendaient forcément aussi. J’ai eu la certitude que ce livre, cet auteur marcheraient, rencontreraient un vaste public. Pendant longtemps j’ai été la seule, avec quelques autres, à y croire. Bien sûr, j’ai cherché un éditeur pour lui en France, mais curieusement personne n’y croyait. Ça a duré trois ans, trois ans pendant lesquels j’ai présenté ce livre (et un deuxième sorti entre-temps) à tous les éditeurs, grands ou petits. Chaque fois ils avaient une bonne raison pour ne pas le prendre… Soit ils avaient déjà un jeune auteur très original à défendre, soit la personne qui s’était enthousiasmée pour le livre était devenue persona non grata au sein de sa propre maison d’édition et je ne le savais pas, soit l’éditeur intéressé s’était mis en faillite, bref, les choses capotaient toujours au dernier moment. Je suis devenue amie au fil du temps avec la responsable italienne des droits étrangers et on travaillait en équipe : j’envoyais mes cinquante premières pages traduites et ma note de lecture à un éditeur, pendant qu’elle, d’Italie, envoyait un exemplaire du livre. On peut dire que toutes les maisons d’édition sur la place de Paris l’ont eu entre les mains. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi personne n’y voyait le potentiel de Baricco. C’était la même chose dans les autres pays : longtemps, Baricco n’a eu qu’un seul livre traduit, et c’était son premier roman, traduit très vite, en norvégien, si je me souviens bien. Et puis, un jour, au bout de trois ans il y a eu le miracle : une nouvelle équipe chez Albin Michel, et moi qui, sur une question de Dominique Autrand, parle de Baricco, comme ça, en passant, sans trop y croire. On ne retrouve pas mon dossier, j’en envoie un nouveau. Et c’est l’emballement, tout de suite. Après, ce furent des instants, des années magiques. On a eu le Médicis étranger, une presse dithyrambique, des ventes importantes pour chacun des livres suivants, un best-seller avec Soie.

Quant à la difficulté de traduire Baricco, elle est grande mais pas insurmontable. Quand l’auteur est un virtuose, il en reste toujours un peu quelque chose dans sa traduction. Baricco écrit comme on compose de la musique. C’est la clé pour le traduire, à mon avis.

10-Vous êtes également la traductrice (pour trois ouvrages) de la délicieuse et délicate Milena Agus que j’aime tout particulièrement, en tout cas dans ses premiers livres. Etes-vous parvenue à percer le secret de son écriture ? Le charme (simple, si simple en apparence) de sa petite musique tient à quoi ?

Unknown-8Parvenir à percer le secret d’une écriture, c’est ce que nous devons faire quand nous traduisons. Mais nous le faisons en traduisant, c’est une révélation qui se fait in fieri, ce n’est pas quelque chose sur quoi on peut, dans l’après-coup, mettre des mots. Peut-être d’ailleurs n’est-ce pas souhaitable. Le rapport que nous avons aux textes, aux auteurs, n’est pas le même que celui des spécialistes d’un auteur. Traduire est l’inverse du commentaire de texte. Victor Hugo disait : « Le commentaire coucheShakespeare sur la table d’autopsie, la traduction le remet debout ». On peut peut-être aller du commentaire à la traduction, mais commenter un écrivain qu’on a traduit, c’est pour moi mission presque impossible.

Ce que je peux dire, c’est ce que j’ai ressenti à traduire Milena Agus, la particularité de son regard, qui fait celle de son écriture pour moi : une innocence absolue, étonnante chez un écrivain qui vient d’une culture chrétienne. Un regard sur le monde qui est comme à l’éternel présent, l’éternité du moment de la découverte. Cela donne à ses romans quelque chose de poignant parce qu’on ne sait jamais ce que les personnages vont faire, ce dont ils sont capables. Folie et raison y sont sur le même plan, deux composantes du monde. Et cela donne à l’érotisme qui est le fil rouge de beaucoup de ses textes un goût inexplicable : il n’y a pas de péché chez elle, pas de remords, pas de culpabilité. Voilà, c’est un monde d’avant la faute. Même le masochisme n’y est pas coupable. Un regard d’enfance éternelle, peut-être ? Je ne peux guère en dire plus, je n’en sais pas plus.

11-Vous êtes également la traductrice d’un roman (D’acier, de Silvia Avallone) qui a connu un joli succès (Grand Prix des Lecteurs de l’Express) que je ne m’explique pas tant je n’ai pas éprouvé la moindre envie de lire ce livre, un avis qui n’engage que moi bien sûr. Pourriez-vous me donner trois bonnes raisons de changer d’idée ?

Je ne sais pas si j’en trouverai trois, mais déjà une, et elle est de taille : Silvia Avallone est une romancière, une vraie. Les romanciers sont bien plus rares qu’on ne croit. Il y a des gens qui écrivent des livres qui nous touchent, nous bouleversent, nous amusent… mais très peu de vrais romanciers.

Ce que j’appelle « romancier », c’est l’écrivain capable d’inventer desUnknown-2 personnages qu’on n’oublie pas, qui ont une épaisseur de vie, une profondeur et un mystère dont le livre a su nous définir les contours sans les percer. Ils continuent de vivre en nous comme vivent en nous les personnes que nous avons connues dans la vraie vie. Anna et Francesca, les deux héroïnes de D’acier, existent toujours dans ma mémoire cinq ans après la traduction, comme existent Marina et Andrea, les deux protagonistes de son deuxième roman, Marina Bellezza. Comme existent Anna Karénine, Emma Bovary, le prince Mychkine et Nastassia Filippovna. Je ne veux pas dire que Silvia Avallone est le Tolstoï ou le Dostoïevski d’aujourd’hui, elle le deviendra peut-être, elle est si jeune. Mais elle est de cette famille-là. Elle a ce don inné, cette capacité qu’on a ou qu’on n’a pas : la puissance romanesque.

Unknown-9J’ai traduit un grand nombre de romans, j’ai retrouvé dans mes rêves des phrases, des atmosphères qui étaient dans ces romans, ou bien j’ai rêvé de la maison des Routes de poussière, de Rosetta Loy. Mais je n’ai rêvé que deux fois des personnages : la première fois c’était les deux héros de Melodramma (Partition vénitienne, chez Liana Levi), de Pier Maria Pasinetti, un auteur qu’on devrait redécouvrir, ou découvrir enfin, car il a cette même puissance romanesque. Dans mon rêve, je passais en train et je voyais au loin, dans la plaine du Pô, les deux personnages du roman debout, qui discutaient, habillés de redingotes et chapeaux haut-de-forme, comme dans le roman, qui se passe au XIXe siècle. Je les voyais non tels que l’auteur les avait décrits, car il ne les décrivait pas, mais tels que je me les étais imaginés. Et je les voyais de loin, depuis un train. Or, quand je traduisais D’acier, j’ai rêvé que j’étais dans une des scènes les plus fortes du livre, la scène de la patinoire, et j’étais un des personnages (je ne dirai pas lequel). Cela ne m’était jamais arrivé avant, et cela ne m’est plus arrivé.

Je ne sais pas ce que fera Silvia Avallone de ce talent énorme qu’elle a, mais j’ai confiance en elle.

12-Avez vous un livre italien (ou français, après tout) de chevet ?

En italien j’aime définitivement Calvino, tout ce que j’en ai lu mais particulièrement la Trilogie de « Nos Ancêtres » et parmi ceux-là Le Baron perché, auquel certainement je m’identifie. Nous aussi, les traducteurs, comme les écrivains, nous vivons perchés dans notre arbre et n’en descendons jamais, ou pas vraiment.

En français, j’ai deux livres de chevet, qui sont même plus que des livres deUnknown-10chevet puisque je me débrouille toujours pour les emporter en voyage, et que je ne cesse de les lire et relire : c’est Alcools d’Apollinaire, son recueil de poésie majeur, et Un cœur simple, un des trois contes de Flaubert, que je tiens pour un des chefs-d’œuvre de la langue française. De l’un comme de l’autre je sais des passages par cœur, et chaque lecture m’émeut au même endroit, chaque passage conserve au fil du temps sa capacité à me serrer le cœur ou à me faire monter des larmes d’admiration. Ce sont mes deux talismans : si ces deux livres existent, la vie vaut la peine d’être vécue de la manière dont j’ai choisi de la vivre.

13-Et une ville italienne de prédilection ? Pour quelles raisons ?

Unknown-11Longtemps je n’ai aimé que Venise, je ne pouvais pas aller en Italie sans aller d’abord à Venise. Venise, la seule ville qui n’ait pas déçu le Narrateur dans la Recherche, parce que Venise est un livre, un corps, un univers en soi. « La vraie vie, la vie rêvée », dit Proust. Il ajoute « c’est la littérature ». Mais Venise est la littérature. Pour moi, malgré l’invasion touristique, cela reste « la » ville.

14-Qu’est ce qui vous a poussée vers l’apprentissage de cette langue plutôt qu’une autre ?

J’y suis venue « par défaut », je dirais. J’étais l’aînée, mon père enseignaitimages-7
l’allemand, j’ai donc fait allemand en première langue. Pour la seconde langue on m’a donné le droit de choisir. Et comme je détestais l’allemand (conflits avec mon père), j’ai choisi ce qui m’en semblait le plus éloigné : l’italien. Les cours d’italien étaient délicieux : nous étions peu, et nous baignions, professeurs et élèves, dans une atmosphère de gentillesse et joie de vivre qui est propre à l’italien. Ce furent les moments les plus heureux de ma scolarité. À l’université, même si j’ai choisi Lettres modernes, j’ai poursuivi parallèlement des études d’italien, et je suis allée à Grenoble, qui était la meilleure faculté d’italien en France. Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans de l’italien dedans.

15-L’amour de la traduction est pour vous, j’imagine, indissociable de l’amour que vous portez à ce pays et à cette culture ?

Sans doute. Comme la traduction est pour moi un métier de partage, partager ce que j’aime est la seule chose qui ait du sens…

16-Le Grand Prix de Traduction de la SGDL a-t-il changé quelque chose dans votre carrière ?

Unknown-1Oui et non. Sur le moment, ce fut un choc car je ne m’y attendais pas du tout. Quand on débute, on voit des collègues recevoir des prix et on se dit qu’on aimerait un jour réussir assez dans ce métier pour en mériter un. Et puis le temps passe, et on oublie. J’ai eu la chance que certains de mes auteurs aient remporté des prix, et c’était déjà pour moi une reconnaissance, en creux, de mon travail.

Le Grand Prix de Traduction de la SGDL, lui, couronne l’ensemble d’une œuvre de traducteur : d’abord, il vous fait vous apercevoir que vous avez une œuvre, ce qui fait une impression étrange. On se demande un peu s’il ne faudrait pas, après cela, s’arrêter. Mais bien sûr, on ne peut pas, donc on continue. Le grand plaisir que cela m’a fait a été la reconnaissance sur un point précis, qui est mon orgueil de traductrice. Il m’a été décerné à l’occasion de la parution la même année de deux textes qui n’avaient rien à voir l’un avec l’autre, qui étaient même l’antithèse l’un de l’autre : D’acier, de Silvia Avallone, et Ils ont tous raison, de Paolo Sorrentino. On m’y a donc félicitée de ma capacité à passer d’un univers linguistique à un autre, qui est son contraire. J’ai été très fière de cela car je pense qu’un traducteur doit être un caméléon.

17-Nous avions fait connaissance au CITL (Arles). Y avez-vous déjà été en résidence ?

J’y suis allée souvent quand je faisais partie du Conseil d’administrationUnknown-13 d’Atlas, qui gère les Assises de la Traduction en Arles et le Collège des Traducteurs. J’y ai même passé quelques jours en résidence, en effet, où j’ai pu apprécier le plaisir de travailler dans la bibliothèque et d’avoir à portée de main tous les outils de travail, tous les dictionnaires nécessaires à un traducteur. Je conseille vivement aux jeunes collègues d’y aller en résidence, d’autant qu’il y a une ambiance sympathique. Et puis nous sommes tellement isolés les uns des autres, chacun dans sa bulle, que voir d’autres fous comme nous, d’autres passionnés comme nous de la traduction, fait un bien immense. Pour la même raison, je conseille absolument aux collègues de se rendre aux Assises d’Arles, une fois par an, le week-end du 11 novembre : être au milieu de tous ces gens qui ont attrapé un jour, comme nous, le virus de la traduction, un virus qui vous change la vie, est un grand bonheur, une exaltation qui alimente le moteur intérieur pour de nombreux mois. On y découvre qu’on n’est pas seul, c’est énorme !

18-Arrêterez-vous un jour de traduire ? Pour faire quoi ? Lire, encore, toujours, jardiner, musarder ?

Non, je n’arrêterai jamais. Il faudrait que j’arrête de vivre.

Tanto los traductores como los revisores se equivocan y qué hacer cuando sucede

En mis más de 10 años de experiencia trabajando como traductor y revisor, he visto un montón de fallos, empezando por los míos.

Sin embargo, hay quien cree que los revisores nunca se equivocan y que siempre saben más que los traductores, y a veces pasa justo lo contrario.

Si ya nos ponemos a hablar del ego de muchos traductores, que no toleran que les hagan cambios aunque esté justificados… Pues ya ni te cuento.

Todo esto y mucho más te lo cuento en el vídeo de hoy. ?

20-08-2018 POR 

Organization and productivity for translators: starts Monday

Starting Monday, I’ll be facilitating a four-week online course taught by translator and productivity expert Dorothee Racette: the course is Organization and Productivity for Translators. Dorothee now runs her own consulting company–appropriately named Take Back My Day–and she’s been a tremendous help to me in my own business; I’m excited that more translators will now get to benefit from her expertise. This course will help you:

  • Break the stress/time crunch/feast/famine cycle in your business
  • Create a realistic plan for getting more done during each work day, without added stress
  • Set up your ideal physical and digital work environment
  • Learn productivity techniques specifically for translators, including managing your translation software

We’ll do two live sessions every week (recordings provided if you can’t attend), plus a weekly homework assignment. Everyone in the class will also receive an individual consulting session with Dorothee at the end of the course. Registration is $380 with a $25 discount for ATA members (use coupon code ATA). We have a good group signed up already, but there’s room for a few more people. Hop on over to the course web page for more information or to register!

La retorica delle notti insonni (ovvero perché lavorare troppo non ci rende affatto più fighi)

C’è una cosa che di sicuro vi sarà capitata frequentando dei freelance o peggio ancora dei traduttori (editoriali in primis): gironzolando per le loro bacheche di Facebook, almeno una volta, ma forse anche due, ma magari anche tre, vi sarà capitato di leggere: “e pure stanotte ho lavorato fino alle quattro (quattro punti esclamativi)”, o “l’ennesima notte insonne ma finalmente ho consegnato (smiley smiley faccina con le Zzzz faccina triste)”, o qualunque lieve variante di queste affermazioni.

A me capita spessissimo, ad esempio, quando l’algoritmo di FB mi ripropone i miei ricordi degli anni passati (grazie, Zuck, perché mi ricordi che facevo una vita da cani anche nel 2013, sei sempre un amico). E più guardo quei post, più mi sembra che ci sia, in quelle confessioni, un certo autocompiacimento. Come se lavorare anche di notte fosse di per sé un traguardo. Come se farlo ci rendesse migliori, più affidabili, più performanti di chi invece di notte, banalmente, dorme (o fa l’amore o coccola il gatto o legge romanzi di Salman Rushdie, insomma fa cose più utili che macinare cartelle). Come se ci fosse qualcosa di nobile, in fondo, nel non toccare il cuscino per settimane, se non fugacemente e rigorosamente sognando il romanzo che stiamo traducendo.

Il cammino neocatecumenale

Perché, mi chiedo, siamo diventati così? Quand’è che ci siamo trasformati in neocatecumenali della cultura, per cui solo la sofferenza autoinflitta, possibilmente fine a se stessa, ci avvicina al Dio della Letteratura o al Nostro Signore della Gloria Sempiterna Senza Scopo Reale Stachanov? Perché ci coroniamo il capo di spine letterarie e/o linguistiche, e poi mostriamo al mondo le stimmate, convinti di meritarci pure un applauso? Da quand’è che lavorare di notte è diventato una cosa da fighi che reinventano il concetto di resilienza invece di essere quello che è, cioè la condanna dello sfigato che ha un lavoro più sfigato di lui?

Perché diciamoci la verità, se lavoriamo sforando regolarmente le canoniche 7-8 ore al giorno e le 40 a settimana, qualcosa che non funziona c’è.

A meno che non sia una scelta (magari l’atmosfera notturna ci piace, ci si addice, e lavoriamo in una soffitta parigina con una candela accesa e il fantasma di una fanciulla dai capelli preraffaeliti a farci compagnia, e in quel caso, oh, buon per noi), e a meno che non si sia assunti come DJ nelle discoteche, di solito si arriva a lavorare di notte per due ragioni fondamentali:

  • Il primo caso è quello dei disorganizzati. Che cincischiano durante il giorno, perdono tempo su Facebook e YouTube e alle nove di sera si rendono conto di non aver fatto quello che avrebbero dovuto. Ergo, alle tre sono ancora davanti al computer, lavorando in sostanza di notte anziché di giorno. In questo caso si tratta appunto di disorganizzazione, che per un freelance è tipo la kryptonite per Superman, quindi non c’è da vantarsene, ahimè.
  • Il secondo caso è quello di chi lavora di notte per guadagnare abbastanza. I suoi committenti lo pagano poco, quindi per mantenersi deve aumentare il numero di ore lavorative, lavorando dunque sia di giorno che di notte. È una condizione molto triste, e purtroppo molto comune. Ma di nuovo, perché farne una medaglia? Non è bello, non è giusto, non è sano. Forse siamo costretti a vivere così. Ma non c’è niente di romantico nella consapevolezza di trovarsi all’interno di un sistema malsano di sfruttamento, niente di cui essere orgogliosi.

Ora, lungi da me fare la maestrina e dirvi come dovete comportarvi, come dovete lavorare e quanto e come dovete scriverne sui social. Come dicevo, è più che altro a me (alla me del 2013 che Zuck si ostina a ripropormi, quella stupida che continua a ripetere che “finalmente quest’anno andrò in vacanza!” e poi non ci va mai perché le piace la gloria del lavorare sempre, lavorare di più) che mi rivolgo. Però, però.

Non vi sembra, se vi guardate dentro con un po’ di spirito critico, se fissate senza aspettative nel sacro vuoto della buddhità che ogni essere umano porta nell’animo, che un po’ ci caschiamo tutti, in questa trappola della gloria del sacrificio? È vero, il nostro è un lavoro che amiamo, che ci appassiona, che ci dà molte soddisfazioni, e che richiede tempo, dedizione, studio costante, ed è vero, a volte tutto questo ci piace dirlo. Ci piace ribadirlo. Ci piace che gli altri lo sappiano.

Il bello della vita da freelance

Il nostro non è, e non può essere, un mestiere “dalle 9 alle 5”, che possiamo accantonare fino al giorno dopo una volta chiuso Word (o InDesign, o Trados). È un mestiere che ci infesta, come fanno gli spiriti nelle case inglesi, che ci viene a tirare i capelli di notte per suggerirci una parola, un giro di frase che funziona bene, meglio almeno di quello che avevamo scelto all’inizio, e che quindi ci costringe ad aprire gli occhi all’alba per appuntarlo. È anche un mestiere adrenalinico,perché ci costringe a migliorarci costantemente, ci mette alla prova, ci mantiene all’erta, ci obbliga a sfidare i nostri limiti e superarli. Ed è  un mestiere che richiede di dominare la sacra arte del compromesso e della resa, sia nel suo svolgimento quotidiano, sia nell’organizzazione della vita: è capitato a me, capiterà a tutti, di organizzare una gita per il ponte del 2 giugno, o magari invece di avere un calendario pienissimo e che allora, proprio allora, arrivi un’offerta che non si può rifiutare, con tanto di testa di cavallo mozzata (metaforica) (spero) (che ne so, mica li conosco i vostri committenti) (Oddio, ma che gente frequentate??) sul letto.

E in quel caso sì, allora si fanno le ore piccole, si chiede aiuto alla babysitter e si giura alla moglie che ci faremo perdonare per quella gita saltata. Ci sta, tutto questo, in questo mestiere come in quello di ogni freelance, lo so benissimo. Quello che non so più, che non capisco più, è perché finora non sia riuscita a vederlo come un problema, e l’abbia trattato come una medaglia delle Giovani Marmotte che il Gran Mogol mi avesse appuntato personalmente sul petto, e di cui quindi, da brava Quo quale sono, andavo molto, molto, molto fiera.

Qualcosa non va (ammettiamolo)

Non sono riuscita a vedere che fare le ore piccole per il puro gusto di dire di fare le ore piccole mi rende anche meno produttiva, meno efficace, meno felice di fare quel lavoro che tanto mi piace (e questo è il nocciolo di tutto: è solo qui, in una riga volante alla fine, ma è il nocciolo di tutto). Senza lo spazio creativo dell’ozio, senza il respiro calmo del riposo, senza la rigenerazione della creatività, d’altronde, non diventiamo soldatini più efficienti, ma traduttori peggiori: essere bravi nella nostra professione significa anche imparare a lavorare bene quando lavoriamo e a non lavorare quando non dovremmo lavorare.

Lavorare di notte non è figo e non ci rende persone migliori. A volte ci capiterà di farlo comunque, d’accordo: ma che non sia un comportamento da imitare dovremmo riconoscerlo tutti, o almeno tutti quelli di noi che sono abbastanza maturi da riconoscere che spingere troppo sull’acceleratore non può essere una soluzione produttiva sul lungo periodo: è biologicamente impossibile.

E se poi la notte lavorate perché siete insonni e non sapete come occupare il tempo, fatevi un favore: leggete L’ozio come stile di vita, del gaudente, dandy a bon viveur inglese Tom Hodgkinson (trad. Carla Capararo). Mi ringrazierete.

E magari, alla fine, vi ritroverete in un cottage sperduto nella campagna inglese ad allevare pecore. Ma va bene comunque: se non altro c’è di buono che, a differenza delle traduzioni, le pecore, di notte, dormono.

Pourquoi traduire dans votre tête est dangereux

Abordons une erreur fondamentale dans l’apprentissage d’une langue, qui peut vraiment réduire à néant tous vos efforts. Je me devais de faire une vidéo à ce sujet, pour vous éviter de prendre de mauvaises habitudes difficiles à perdre : mauvais vocabulaire, faux-amis expressions étranges pour un locuteur natif… Partons plutôt sur de bonnes bases.

Pourquoi il est essentiel de penser directement dans votre langue cible

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Acrónimos y abreviaturas más usadas en las Redes Sociales

Acrónimos y abreviaturas más usadas en las Redes Sociales

La gran mayoría de las personas usamos las redes sociales, y empezamos a compartir ciertas abreviaturas o acrónimos por rapidez o comodidad. Vamos a ver esas palabras o conjunto de letras y su significado… Ante nada déjame explicarte por si no lo sabías, que se abrevian RR.SS., te explico se colocan dos RR y dos SS porque siempre se usan en plural, algo así como EE.UU. (Estados Unidos) o RR. HH. (Recursos Humanos).

¿Conoces el significado de las abreviaturas más utilizadas en Twitter, Instagram y en el resto de las Redes Sociales? ¡No vuelvas a perderte en ninguna conversación online! Sigue leyendo y entenderás.

@: Arroba, se utiliza para dar mención a un usuario en las redes sociales, en este caso tendría que ir junto al nombre del usuario.

AMA: Ask me anything, es usado cuando es el público el que hace las preguntas en lugar de un entrevistador.

B/C: Because, abreviatura porque.

BFN: Bye for now, hasta luego.

BNW: Black and White, se utiliza como etiqueta para compartir imágenes en blanco y negro.

DM: Direct Message, se refiere al envío privado de mensajes.

FA: Follow Always, este es de los más recientes que se han incorporado a la lista y es muy parecido al FF, con la diferencia de que este te sugiere seguir a algún usuario.

FB: Facebook. Es la red social más utilizada. En ella, puedes conectar con personas que conoces o que quieres conocer y seguir las páginas de diferentes empresas para estar al día de sus novedades.

FYI: for your information, se usa mucho en el correo electrónico y quiere decir ‘para tu información’. O si quieres compartir algo pero no esperas que nadie responda y sabrán que el mensaje es solo informativo y no hace falta que hagan nada al respecto.

F4F: Follow For Follow, quiere decir que si sigues esa cuenta, te seguirá a ti también, o si lo utilizas tú, que te comprometes a seguir a todo aquel que te siga.

G+: Google+. Esta red social puedes crear círculos para organizar tus contactos según el criterio que consideres.

GTG: Got to Go, si estás manteniendo una conversación online y tienes que irte rápidamente, sin tener mucho tiempo de dar excusas, esta es la abreviatura que debes utilizar.

HTH: Hope that helps, se usa habitualmente cuando se responde a una duda o consulta de otro usuario y esperas que sirva de ayuda.

IG: Instagram. Es una de las redes sociales más utilizadas. En ella puedes compartir imágenes, vídeos cortos o historias.

ICYMI: In case you missed it, por si lo has olvidado usado cuando se quiere hacer mención a algo que ya se envió.

IHDK: I honestly don’t know, si no sabes la respuesta a algo, puedes utilizar esta. Y ser sincero para decir realmente no lo sé.

IMHO: In my humble opinion, cuando deseas dar tu opinión o comentario. Muestra que lo que escribes no es necesariamente un hecho, sino lo que tú piensas.

IRL: In real life, cuando haces mención a algo que sucede o sucedió en la vida real.

LMLT: Look my last tweet, se utiliza cuando quieres llamar la atención sobre el último tweet que has publicado, porque quizás la solución a alguna pregunta está ahí.

L4L: Like for Like, quiere decir y con la que te comprometes a dar un like a la cuentan o persona que le de like a tu foto o vídeo.

LI: LinkedIn. Es una red social, creada para fomentar la interacción entre profesionales.

MT: Modified Tweet, se usa para para indicar que has modificado el contenido de un tweet.

NP: No problem, se utiliza para indicar que nos parece bien lo que se nos está diciendo y no tenemos problema.

NSFW: Not safe for work, se utiliza sobre todo para advertir a otras personas de que la información no es segura para verla en tu lugar de trabajo, porque su contenido es delicado o inapropiado.

OH: OverHead, el contenido se basa en un rumor.

PM: Private Message, es un término que se utiliza para la comunicación que no es pública, es decir, mensajes privados o personales.

PRT: Partial Retweet, es otra forma de indicar que el tweet original ha sido modificado.

PRT: Please Retweet, otro uso de esta sigla para solicitar que por favor den difusión al tweet en cuestión.

PLZ: Please, abreviatura de ‘por favor’. Obviamente, se utiliza para pedir un favor a alguien.

QT: Quote Tweet, cuando solo citas una parte de un tweet.

QOTD: Quote of the day, para hacer relevancia a la frase del día.

RT: Retweet, es cuando compartes es tu cuenta de Twitter lo publicado por alguien más y le haces mención.

RTRL: Retweet real life, que transcribe información escuchada en una conversación off-line, es decir fuera del mundo virtual.

TL: Timeline, nos referimos a la página principal de nuestras redes sociales.

TR: Tumblr. Es una red social de microblogging en la que puedes publicar textos, imágenes, audios, citas, vídeos, GIFs y enlaces.

TT: Trending topic, se refiere al tema del momento, tendencias en Twitter. Los términos más comentados por los usuarios. Pueden ser palabras sueltas, grupos de palabras o etiquetas.

TMB: Tweet me back, una forma de solicitar respuesta a un tweet.

TMI: Too much information, la utilizamos cuando queremos expresar demasiada información o que nos han contado demasiadas cosas en un periodo de tiempo breve.

THX / TY / TKS: Thanks, obviamente, se utiliza cuando quieres agradecer algo.

TW: Twitter. Es una red social, en la que puedes compartir contenido corto y directo, con imágenes, vídeos o enlaces.

WA: WhatsApp. Es una red social de mensajería instantánea, en la que puedes hablar con tus contactos, enviarles imágenes, vídeos, PDFs y GIFs, etc.

WYL: Whatever you like, cuando no quieras decidir y pasar la responsabilidad a otro.

YT: YouTube. Es una red social, en la que cualquier persona puede compartir sus vídeos de cualquier temática, ver los vídeos de otros usuarios y comentarlos.

 

Y aquí los que se usan más en conversaciones con amigos o familiares…

ASAP: as soon as possible, te comprometes a algo pero para otro momento y con esta abreviatura queda claro, que lo harás apenas puedas.

BAE: Before anyone else, es muy utilizado en las redes sociales para expresar amor y cariño para decir en pocas palabras lo importante que esa persona.

BFF: Best friend forever, una abreviaturas más utilizada entre los adolescentes cuando deseas expresarle a un amigo o amiga que es especial.

FML: Fuck my life, no es realmente una bonita abreviatura, pero sí muy utilizada y significa que asco de vida.

LOL: Laughing out loud, utilizamos esta abreviatura cuando consideramos algo realmente gracioso, significa algo así como riéndome a carcajadas.

LMAO: Laughing my ass off, esta expresión puede sonar un poco más grosera, es algo así como me parto el culo de risa. O sea, algo extremadamente gracioso.

NTW: Not to worry, cuando algo no tiene tanta importancia como para suponer una preocupación.

OMG: Oh my God, expresión muy popular también para expresar asombro. Ay dios mío, oh dios mío.

PIR: Parent in room, mi padre o mi madre están en la habitación.

ROFL: Rolling on floor laughing, si queremos ir más allá aun, podemos utilizar esta expresión que indica ‘rodar por el suelo de la risa’. Con esto estaremos expresando que no podemos parar de reír.

WTF: What the f…, cuando algo nos asombra y nos desconcierta a la vez. Muy popular para expresar sorpresa ante algo inesperado o muy llamativo por raro, surrealista o sorprendente. Sería como decir qué demonios.

XOXO: estas siglas indican que está mandando muchos besos y abrazos. Es una forma cariñosa y fácil de despedirte de una persona o de expresar esto.

YOLO: You only live once, cuando se suben fotos de momentos divertidos se utiliza esta abreviatura acotando de solo se vive una vez.

 

Por ahora realmente espero todas estas palabras o abreviaturas te sean de mucha utilidad. También puedes revisar el post sobre los acrónimos o abreviaturas utilizadas en el mundo de los negocios. ¡Hasta pronto!